21 décembre 2015 / 11:35 / il y a 2 ans

BOURSE-PSA se distingue en 2015, marges et M&A dans tous les esprits

* PSA meilleure performance du CAC 40 en 2015, juste devant Renault

* L'action a pris près de 60% depuis le début de l'année

* Le marché salue un redressement financier plus rapide que prévu

* Prochaine étape: retour du débat sur les options M&A du groupe

par Gilles Guillaume et Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS, 21 décembre (Reuters) - PSA Peugeot Citroën est parti pour signer en 2015 la meilleure performance de l'indice CAC 40, le marché anticipant un redressement plus rapide que prévu de la situation financière du groupe et son corollaire: le réexamen par le constructeur de ses options en matière d'alliance.

Lundi midi, l'action PSA affiche une progression de 59,7% depuis le début d'une année marquée par le retour du titre au sein de l'indice vedette parisien. Sur l'ensemble de 2014, l'action avait déjà gagné près de 23%.

Renault, qui bénéficie également de l'amélioration du marché automobile européen, vient en deuxième position avec une performance de +55% depuis janvier.

Graphique comparant PSA à Renault, au CAC 40 et au secteur auto européen depuis le redressement du groupe fin 2012 :

bit.ly/1NZyfND

Graphique sur l'évolution de l'action/CAC 40 depuis 5 ans :

bit.ly/1Ya0PH5

"PSA est revenu rapidement dans la course au cours des 18 derniers mois et est devenu le constructeur automobile généraliste le plus rentable", commente Bernstein dans une note consacrée à la stratégie de marques du groupe. "Nous pensons que la profitabilité peut rester solide tout au long de 2016 et 2017."

Le groupe sochalien, acculé financièrement en 2012, a renoué pour la première fois depuis quatre ans avec un bénéfice net au premier semestre. Il a également affiché un free cash flow opérationnel au plus haut depuis plus de dix ans et une marge opérationnelle de l'automobile à 5,02%.

"On est dans un métier de coûts fixes et de volume, donc si les volumes repartent et que la société a rendu son organisation industrielle plus efficiente, elle va pouvoir dégager plus de résultats que par le passé", explique Joffrey Ouafqa, gérant chez Auris Gestion Privée, soulignant au passage que la forte reprise du titre est aussi liée à sa débâcle passée.

Lundi, dans le quotidien les Echos, le directeur de la production, Yann Vincent, a précisé que PSA avait produit cette année davantage que prévu en Europe, repassant la barre des 1,8 million de véhicules, un niveau inédit depuis 2011.

La direction de PSA se garde toutefois de crier victoire, même si les objectifs financiers du plan stratégique en cours ont d'ores et déjà été dépassés au premier semestre. L'horizon officiel du plan "Back in the Race" reste toutefois fixé à 2018.

Le constructeur doit publier ses ventes mondiales 2015 le 12 janvier et ses résultats annuels le 24 février.

COURSE AU GIGANTISME

Carlos Tavares, président du directoire, ménage le suspense en répétant qu'il faut attendre que le redressement du groupe soit achevé pour envisager les étapes stratégiques suivantes.

"Il est important de ne pas se dissiper. D'abord, on termine notre redressement (...) ensuite on pose le jeu de manière plus objective", avait-il déclaré aux députés français lors d'une audition à l'Assemblée nationale au printemps dernier.

Il avait aussi rappelé l'alternative entre le maintien d'un constructeur indépendant, avec pour avantage d'être plus agile, et le choix d'un rapprochement avec un autre groupe, qui permet des économies d'échelle et une croissance accélérée. "Entre ces deux extrêmes, il peut y avoir des choses à discuter", avait-t-il ajouté.

PSA est désormais distancé par les poids lourds du secteur, engagés dans une course au gigantisme. Avec environ trois millions de véhicules par an vendus à travers le monde, il ne pointe qu'à la neuvième place, loin derrière Toyota, Volkswagen et General Motors, avec chacun environ dix millions d'unités annuelles, ou encore Renault-Nissan , 4e mondial mais qui se verrait bien intégrer le trio de tête.

Carlos Tavares pourrait toutefois décider de mettre des bâtons dans les roues de Carlos Ghosn, son ancien patron chez Renault.

Arithmétiquement parlant, une alliance avec un constructeur de la taille de Hyundai-Kia ou Ford permettrait à PSA de se hisser dans le groupe de tête. Et même un partenaire plus modeste, comme Fiat-Chrysler ou Honda, lui garantirait de dépasser confortablement la barre des cinq millions, en dessous de laquelle un constructeur ne peut survivre longtemps, selon un adage de Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat Chrysler.

"Pour 2016, l'horizon de PSA est plus limité avec une absence de présence sur les marchés émergents hors Chine, une gamme à étoffer", souligne Arnaud Scarpaci, associé gérant chez Montaigne Capital. "Et avec la COP21, les restrictions en termes de normes CO2 vont être plus dures."

Le numéro deux européen a en effet besoin de nouveaux marchés pour réduire sa dépendance vis-à-vis de l'Europe et de la Chine, et préparer le rebond à terme des marchés russe et sud-américain où il a restructuré ses activités.

Dans ces conditions, il lui sera difficile de financer seul un développement industriel sur plusieurs fronts tout en maintenant l'effort de recherche sur des technologies de motorisations ou d'aide à la conduite de plus en plus pointues.

"Le marché spécule (...) peut-être sur un rapprochement Fiat-PSA, sachant que General Motors a renoncé aux avances (de Fiat Chrysler )", poursuit Joffrey Ouafqa. "Sergio Marchionne veut se marier avec tout le monde."

L'administrateur délégué de Fiat Chrysler s'est mis en quête d'une nouvelle alliance stratégique qui permettrait de pallier les faiblesses opérationnelles de son groupe, 7e mondial avec un peu moins de cinq millions d'unités annuelles.

PSA est régulièrement cité comme candidat possible à un tel rapprochement, bien qu'il soit difficile à mettre en oeuvre pour la base industrielle européenne des deux groupes.

Le schéma devrait également convenir aux trois grands actionnaires du constructeur - l'Etat français, le groupe public chinois Dongfeng et la famille Peugeot - qui détiennent chacun 14% du capital. (Edité par Jean-Michel Bélot)

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