Moody's pourrait abaisser la note du Brésil en catégorie "junk"

mercredi 9 décembre 2015 23h31
 

SAO PAULO, 9 décembre (Reuters) - Moody's Investors Service a annoncé mercredi envisager d'abaisser la note souveraine du Brésil en catégorie spéculative ("junk"), en arguant de la gravité de la récession en cours, de l'échec des mesures d'austérité et du risque croissant de paralysie politique.

Si Moody's abaisse sa note à l'issue de cet examen qui dure généralement trois mois, elle sera la deuxième grande agence à ramener la dette brésilienne au rang des obligations spéculatives, après Standard & Poor's en septembre.

Fitch Ratings a de son côté abaissé sa note en septembre juste au-dessus de la catégorie "junk" et maintient une perspective négative.

Une deuxième dégradation en catégorie spéculative aurait sans doute pour conséquence des sorties de capitaux importantes car de nombreux fonds de pension étrangers et d'autres grands investisseurs institutionnels ne peuvent pas détenir des obligations d'un émetteur noté "junk" par deux agences distinctes.

Bruno Rovai, économiste de Barclays, chiffre à 1,6 milliard de dollars (1,45 milliard d'euros) les sorties potentielles en cas d'abaissement de la note de Moody's.

Moody's justifie son placement sous revue par "la détérioration rapide et marquée des évolutions macroéconomiques et budgétaires et la probabilité réduite d'une inversion de tendance dans les deux à trois prochaines années".

L'économie brésilienne s'est contractée de 4,5% au troisième trimestre par rapport à la période correspondante de l'an dernier selon les statistiques publiées la semaine dernière. Il s'agit de la pire récession subie par le pays en 25 ans.

Moody's ajoute avoir pris en compte dans sa décision "la dégradation du contexte de l'action gouvernementale et le risque accru de paralysie politique", après l'ouverture par le Congrès brésilien d'une procédure de destitution de la présidente, Dilma Rousseff.

La Cour suprême brésilienne a suspendu cette procédure jusqu'à ce qu'elle se prononce sur sa validité constitutionnelle, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

(Bruno Federowski et Brad Haynes; Marc Angrand pour le service français)