Le ratio de levier pourrait être plus élevé - BRI

dimanche 6 décembre 2015 17h19
 

par Huw Jones

LONDRES, 6 décembre (Reuters) - La limitation de la prise de risque des banques peut être renforcée sans danger pour l'économie et afin d'atténuer l'éventualité d'une crise systémique chez les grands établissements, selon un document publié dimanche par la Banque des Règlements internationaux (BRI).

Ce document, inclus dans le rapport trimestriel de la banque centrale des banques centrales, stipule qu'il est tout à fait possible de porter le ratio de levier au-delà de son niveau "d'essai" de 3%, jusqu'à 4% à 5%.

"Cela permettrait de limiter, plus tôt en phase d'expansion, les risques pris par les banques et de constituer un filet de sécurité non seulement plus efficace mais aussi plus cohérent avec les exigences de fonds propres fondées sur le risque", explique la BRI.

Le principe serait particulièrement adapté aux 30 banques que les régulateurs considèrent comme étant d'importance systémique et vis-à-vis desquelles ils sont susceptibles d'être plus exigeants, poursuit la BRI.

Les régulateurs internationaux ont convenu d'imposer un ratio de levier contraignant aux banques à compter de janvier 2018, comme mesure de protection supplémentaire.

Ce ratio mesure les fonds propres en regard des actifs, sur une base non pondérée du risque, et complète les exigences de fonds propres exprimées par les ratios de capital dur qui eux tiennent compte du risque. Il a aussi pour but de dissuader les banques d'amoindrir leur pondération du risque pour réduire le montant des fonds propres minimums exigibles.

Le Comité de Bâle des superviseurs bancaires d'une trentaine de pays a fixé un ratio de levier provisoire de 3% et il se prononcera l'an prochain sur son pourcentage définitif.

Les régulateurs de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et de Suisse exigent déjà de leurs propres banques un ratio de levier de 4% au moins.

Le ratio de levier définitif du Comité de Bâle prendra sans doute en compte toute une variété de paramètres; au-delà de 3%, il serait compatible avec des exigences de fonds propres renforcées également imposées aux établissements financiers, observe la BRI.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français)