3 décembre 2015 / 13:22 / il y a 2 ans

LEAD 2-La BCE réduit son taux de dépôt et prolonge ses achats d'actifs

* Le taux de dépôt ramené de -0,2% à -0,3%

* Les achats d'actifs prolongés jusqu'en mars 2017 au moins

* Pas d'augmentation du montant mensuel des achats

* L'euro monte et les Bourses baissent (Actualisé avec conférence de presse)

par Balazs Koranyi et John O'Donnell

FRANCFORT, 3 décembre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé jeudi l'un de ses taux directeurs et prolongé d'au moins six mois son programme d'achats de titres sur les marchés, des décisions qui ont provoqué un rebond de l'euro et une baisse des Bourses, les investisseurs se montrant déçus par le manque d'ampleur de ce nouveau soutien.

Le président de la BCE, Mario Draghi, a précisé que les achats incluraient désormais des titres émis par des collectivités locales et que le principal des titres acquis serait réinvesti au fur et à mesure de leur arrivée à échéance.

"Cela contribuera à la fois à des conditions de liquidité favorables et à une politique monétaire appropriée", a-t-il dit lors d'une conférence de presse, sans préciser le montant attendu de ces réinvestissements.

Depuis mars, la BCE consacre 60 milliards d'euros par mois à ce programme dit d'assouplissement quantitatif ("quantitative easing", QE), censé initialement s'achever en septembre 2016.

Mario Draghi a expliqué que le Conseil des gouverneurs avait décidé de ne pas augmenter ce montant parce qu'il avait jugé suffisants la prolongation du programme et le réinvestissement de ses produits. "Notre programme d'achats d'actifs est souple. Il peut toujours être ajusté. Nous avons décidé que l'extension de notre horizon et particulièrement le réinvestissement du principal seraient suffisants", a-t-il dit.

Le programme d'achats d'actifs restera en vigueur jusqu'à la fin mars 2017 "et au-delà si nécessaire", a-t-il poursuivi, en soulignant que la priorité des autorités monétaires restait un taux d'inflation légèrement inférieur à 2% à moyen terme.

La banque centrale avait annoncé à la mi-journée une réduction du taux de sa facilité de dépôt à -0,3% contre -0,2%; ce taux négatif revient à faire payer les banques commerciales qui choisissent de déposer leurs liquidités excédentaires à la BCE plutôt que de les prêter à des entreprises ou des ménages.

Le taux de refinancement reste inchangé, à 0,05%, tout comme celui de la facilité de prêt marginal, à 0,30%.

L'euro s'est nettement apprécié après ces annonces, pour atteindre 1,0894 dollar, son plus haut niveau depuis près d'un mois, en hausse de 2% sur la séance, avant de se replier légèrement. Les marchés actions ont piqué du nez et, à 15h25 GMT, l'indice FTSEurofirst 300 perdait 2,77% tandis qu'à Paris, le CAC 40 abandonnait 2,98%.

D'AUTRES MESURES PAS EXCLUES

"Il faut avoir en tête le fait que 'Super Mario' a habitué les intervenants de marché à dépasser leurs attentes pourtant élevées", a commenté Stephane Ekolo, responsable de la stratégie Europe de Market Securities en utilisant le surnom de Mario Draghi. "Peut-être Super Mario garde-t-il des munitions pour une prochaine occasion", a-t-il ajouté.

Mario Draghi a de fait souligné que les risques entourant les perspectives de croissance et d'inflation restaient orientés à la baisse et il a ajouté ne pas exclure de recourir à d'autres instruments de politique monétaire si nécessaire.

Interrogé par des journalistes sur l'éventualité d'une nouvelle baisse des taux d'intérêt à l'avenir, il a répondu que "nous ne serons pas gênés par des considérations techniques".

L'inflation dans la zone euro n'était que de 0,1% sur un an en octobre, très loin de l'objectif d'un taux "inférieur à, mais proche de 2%" que s'est fixé la BCE. Et même en excluant les éléments les plus volatils que sont l'énergie et les produits alimentaires le taux d'inflation n'est qu'à mi-chemin de l'objectif.

Dans ces conditions, une partie des observateurs s'attendaient à ce que le Conseil des gouverneurs débatte jeudi de mesures plus innovantes encore que celles annoncées, comme un taux de dépôt à deux niveaux revenant à "punir" les banques qui déposeraient des montants importants à la BCE.

Mais bon nombre des propositions évoquées étaient susceptibles de se heurter à d'importantes résistances au sein même du Conseil, notamment de la part de ses deux membres allemands, Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, et Sabine Lautenschläger, qui siège au directoire de l'institution.

Avec d'autres membres du Conseil, ils jugent que la politique monétaire est déjà exceptionnellement accommodante et que la principale explication à la faiblesse de l'inflation est la chute des cours du pétrole, qui a le mérite de favoriser la croissance et de libérer du pouvoir d'achat.

La BCE a confirmé jeudi prévoir une inflation de 0,1% seulement dans la zone euro cette année mais elle a abaissé ses prévisions pour 2016 et 2017, à 1,0% et 1,6% respectivement.

avec Francesco Canepa; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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