France-Smart tente de contourner le refus syndical des 39 heures

jeudi 3 décembre 2015 11h54
 

STRASBOURG, 3 décembre (Reuters) - La direction de l'usine Smart de Hambach (Moselle), filiale du groupe allemand Daimler , a annoncé jeudi vouloir proposer à ses 800 salariés un avenant au contrat de travail pour revenir provisoirement aux 39 heures hebdomadaires, en contournant l'opposition des syndicats majoritaires.

Un accord sur une augmentation de 12% du temps de travail, qui serait passé de 35 à 39 heures jusqu'en 2020, moyennant une hausse de 6% du salaire de base, a été signé fin octobre par la CFE-CGC et la CFTC, mais dénoncé par la CGT et la CFDT majoritaires dans l'usine. Il est donc réputé caduc.

Smart s'engageait à ne procéder à aucune suppression d'emploi durant la durée de l'accord.

Lors d'un référendum organisé par la direction le 11 septembre, sa proposition avait été approuvée par 56,1% des salariés. La consultation avait toutefois révélé une fracture entre le vote des techniciens et cadres, favorables à 74%, et celui des ouvriers, opposés à 61%.

"L'objectif du Pacte 2020 demeure l'amélioration de la compétitivité du site de production de l'usine de Hambach", affirme la direction dans un communiqué.

"En conséquence, la direction de Smart France envisage de soumettre à chaque salarié de l'entreprise la signature d'un avenant individuel à son contrat de travail matérialisant son adhésion au Pacte 2020 et à ses mesures", ajoute-t-elle.

La CGT et la CFDT n'ont pas souhaité réagir dans l'immédiat.

"Aucune position n'a été prise. On veut prendre le temps de la réflexion et de l'analyse", a dit à Reuters Philippe Simard, délégué central de la CGT, au nom de leur intersyndicale. (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)