Le Brésil réclame 5mds à BHP et Vale pour la rupture du barrage

mardi 1 décembre 2015 06h22
 

par Anthony Boadle

BRASILIA, 1er décembre (Reuters) - Les autorités brésiliennes réclament en justice 20 milliards de reals (près de 5 milliards d'euros) à deux des plus grands groupes miniers au monde, BHP Billiton et Vale, pour financer la réparation des dégâts écologiques et sociaux provoqués par la rupture d'un barrage exploité par leur coentreprise Samarco le 5 novembre.

La rupture de ce barrage dans l'Etat de Minas Gerais a déversé 60 millions de mètres cubes de boue et de résidus de minerai de fer. Cette coulée a dévasté un village voisin, fait au moins 13 morts, pollué une rivière, dont le bassin a été recouvert sur 80 km, et a atteint l'océan Atlantique.

Dans son discours lundi près de Paris à l'occasion de l'ouverture de la COP21, la conférence de l'Onu sur le changement climatique, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a imputé cette catastrophe aux "actions irresponsables d'une entreprise".

"Nous allons punir sévèrement les responsables de cette tragédie", a-t-elle dit.

Dans la procédure engagée lundi devant un tribunal fédéral de Brasilia, le gouvernement du Brésil et les exécutifs régionaux de deux Etats demandent que Samarco prenne des initiatives immédiates pour contenir et réduire l'impact environnemental de la catastrophe, a précisé le procureur de l'Etat côtier d'Espirito Santo, Rodrigo Vieira.

Ils veulent obtenir au moins 20 milliards de reals qui seraient placés pendant 10 ans dans un fonds consacré à la réparation des dégâts provoqués par la rupture du barrage.

Il reviendrait à Samarco de créer ce fonds, qui serait géré de manière indépendante par des organismes non gouvernementaux tels que des comités d'habitants du bassin dévasté et l'Instituto Terra, une ONG environnementale lancée par le photographe Sebastian Salgado.

"Si Samarco n'a pas les ressources financières pour couvrir les versements sur 10 ans, Vale et BHP seront tenus de fournir leur contribution", a dit Rodrigo Vieira à Reuters par téléphone.   Suite...