Nissan muet sur les discussions du conseil concernant Renault

lundi 30 novembre 2015 14h56
 

PARIS/TOKYO, 30 novembre (Reuters) - Nissan a réuni lundi un conseil d'administration pour évoquer notamment l'équilibre des pouvoirs avec Renault au sein de l'alliance entre les deux constructeurs automobiles mais n'a rien dit sur ce qui a émergé du débat entre ses administrateurs.

"Le conseil d'administration de Nissan s'est réuni lundi après-midi au Japon pour discuter d'un éventail de sujets, parmi lesquels la situation entourant les droits de vote de Renault", déclare le groupe japonais dans un bref communiqué.

"Nous n'avons rien à partager à ce stade concernant le contenu des discussions."

Le Journal du Dimanche a rapporté que les administrateurs de Renault examineraient lors d'une réunion en décembre les propositions de Nissan pour sortir du bras de fer entre le PDG Carlos Ghosn et son principal actionnaire, l'Etat français.

Selon l'hebdomadaire, Nissan a l'intention de fixer plusieurs conditions "non négociables" pour rééquilibrer le rapport de force au sein de l'alliance, et pourrait même revendiquer les droits de vote doubles prévus par la loi Florange.

Renault détient 43,4% du capital de Nissan et le groupe japonais possède en retour 15% de Renault, mais aucun droit de vote. La crise a éclaté au grand jour au printemps, la décision de l'Etat de monter au capital de Renault pour s'assurer les droits de vote doubles de la loi Florange ayant été vue comme rompant le délicat équilibre de l'alliance fondée en 1999.

Reuters avait rapporté en octobre que Nissan ne voulait plus d'une alliance dominée par Renault et qu'il jugeait nécessaire que son conseil d'administration adresse une demande de modification de l'accord de fusion au conseil de Renault.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a réaffirmé mercredi dernier que l'Etat français n'accepterait aucun changement dans la structure de l'alliance. Mais des sources avaient indiqué mi-novembre à Reuters que l'Etat avait tenté au début du mois un compromis pour sortir de l'impasse, en proposant de limiter ses droits de vote dans Renault. {ID:nP6N0W501Y] (Gilles Guillaume, édité par Dominique Rodriguez)