UE et Turquie s'accordent sur les migrants et l'adhésion-projet

dimanche 29 novembre 2015 12h31
 

BRUXELLES, 29 novembre (Reuters) - La Turquie va aider les Européens dans la gestion de la crise des migrants qui menace l'existence même de l'espace Schengen en échange d'une aide financière et d'une relance des négociations sur une adhésion turque à l'Union européenne, indique un projet de conclusions du sommet UE-Turquie dimanche.

"Les deux parties vont, comme convenu et avec effet immédiat, mettre en oeuvre leur coopération active sur les migrants qui ne nécessitent pas une protection internationale, en empêchant les entrées en Turquie et dans l'UE, en assurant la mise en oeuvre des dispositions bilatérales de réadmission et en renvoyant rapidement les migrants qui ne nécessitent pas une protection internationale vers leurs pays d'origine", précise le projet de texte consulté par Reuters.

En échange, la Turquie recevra une aide initiale de trois milliards de dollars pour contribuer à la gestion des migrants se trouvant sur son territoire. Ce montrant pourra être révisé ultérieurement en tenant compte des évolutions.

L'UE ouvrira en décembre le prochain chapitre des négociations sur une adhésion de la Turquie qui sont dans l'impasse depuis 2005 et préparera d'autres chapitres pour des discussions dans les trois premiers mois de 2016.

L'Union européenne travaillera à lever les restrictions existant sur l'octroi de visas aux ressortissants turcs souhaitant se rendre en Europe en octobre 2016 si le gouvernement d'Ankara respecte certains critères contenus dans une feuille de route qui a été approuvée.

Ce projet de conclusions est susceptible d'être modifié après les entretiens que le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu doit avoir avec les 28 chefs d'Etat et de gouvernement lors d'une réunion de trois heures à partir de 16h00 (15h00 GMT).

Près d'un million de personnes en provenance d'Afrique et d'Asie, qui fuient notamment de Syrie en guerre, sont arrivées cette année dans les pays de l'Union européenne. Il s'agit du plus gros afflux de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale.

(Jan Strupczewski; Pierre Sérisier pour le service français)