AVANT-PAPIER-Le Burkina Faso dimanche aux urnes pour parachever la transition

vendredi 27 novembre 2015 16h11
 

par Nadoun Coulibaly et Joe Penney

OUAGADOUGOU, 27 novembre (Reuters) - Un peu plus d'un an après la chute de Blaise Compaoré et deux mois et demi après une tentative déjouée de putsch, le Burkina Faso procède dimanche à des élections cruciales pour son avenir.

Le double scrutin, présidentiel et législatif, devait initialement se tenir le 11 octobre mais a été repoussé à la suite de la tentative de coup d'Etat menée par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde prétorienne aujourd'hui démantelée.

"Il s'agit assurément des élections les plus ouvertes depuis l'indépendance du pays (en 1960)", estime Cynthia Ohayon, spécialiste de l'Afrique de l'Ouest au sein de l'International Crisis Group (ICG). "On ne sait vraiment pas qui va l'emporter, même si des favoris se dégagent."

Quatorze candidats briguent la présidence du pays. Les observateurs estiment que deux d'entre eux ont une réelle chance de l'emporter: Roch Marc Kaboré, du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), qui fut Premier ministre de Compaoré, et l'homme d'affaires Zéphirin Diabré, à la tête de l'Union pour le progrès et le changement (UPC).

Le MPP de Kaboré est formé d'ex-fidèles de Compaoré qui l'ont quitté plusieurs mois avant que celui qui présidait le pays depuis vingt-sept ans ne soit contraint, fin octobre 2014, à la démission et à l'exil sous la pression de manifestations de rue.

Kaboré est soutenu par l'élite économique du pays et, issu de la principale ethnie du pays, les Mossi, par les chefs traditionnels.

Passé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la compagnie nucléaire française Areva, Diabré met en avant ses connaissances dans les cercles internationaux. Il a aussi joué un rôle de premier plan l'an dernier dans le mouvement de contestation contre Compaoré qui entendait modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat.

  Suite...