Centrafrique-Des "sorciers" brûlés par les "anti-balaka"-rapport

jeudi 26 novembre 2015 03h42
 

par Tom Esslemont

BANGUI, 26 novembre (Fondation Thomson Reuters) - En République centrafricaine, des personnes accusées de sorcellerie sont enlevées, brûlées et enterrées vivantes par des rebelles chrétiens qui exploitent une superstition largement répandue pour asseoir leur pouvoir dans certaines parties du pays, affirme un rapport des Nations unies.

Ce rapport, que la Fondation Thomson Reuters a pu consulter en exclusivité, contient des photos très explicites des victimes attachées à des poteaux en bois qu'on approche du feu ainsi que des torses carbonisés des suppliciés.

Ces tortures sont eu lieu entre décembre 2014 et début 2015 et ont été ordonnées par des dirigeants de milices chrétiennes "anti-balaka" qui combattent les rebelles musulmans "Séléka" depuis plus de deux ans, indique le rapport.

La République centrafricaine a sombré dans la violence communautaire après la prise du pouvoir en mars 2013 par les rebelles musulmans dans ce pays à majorité chrétienne. Malgré la mise en place d'un gouvernement de transition, les violences se poursuivent et le pouvoir central a du mal à exercer son autorité en dehors de la capitale.

Des élections présidentielle et législatives, plusieurs fois reportées, doivent avoir lieu le 27 décembre pour remplacer le gouvernement de transition. D'ici-là, les observateurs craignent de nouvelles violences.

Selon les auteurs du rapport, il semble que les miliciens chrétiens aient utilisé la sorcellerie, superstition assez répandue en Afrique, à des fins d'intimidation, d'extorsion de fonds et d'exercice de l'autorité dans les zones de non droit.

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