Déficit-La France a confirmé le respect des objectifs-Moscovici

mercredi 25 novembre 2015 10h42
 

PARIS, 25 novembre (Reuters) - Le ministre français des Finances, Michel Sapin, s'est engagé devant l'Eurogroupe à respecter les objectifs budgétaires annoncés pour les deux années qui viennent et à faire repasser "clairement et nettement" le déficit public sous 3% du PIB en 2017, a déclaré mercredi Pierre Moscovici.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires a réaffirmé en outre que Bruxelles était prêt à appliquer un traitement spécifique aux nouvelles dépenses de sécurité annoncées après les attentats du 13 novembre pour le calcul des déficits de la France.

Leur impact sera évalué "en temps voulu" par la Commission mais elles ne devraient pas, au vu de leur montant - 600 millions d'euros - faire déraper les finances publiques françaises, a-t-il estimé lors d'une audition à l'Assemblée nationale.

"Nous n'avons pas de raisons de penser à ce stade, au vu des chiffres présentés (...), que la trajectoire des finances publiques françaises soit substantiellement modifiée", a-t-il dit.

Pierre Moscovici a souligné que, devant l'Eurogroupe, Michel Sapin s'était "engagé à respecter les objectifs budgétaires du pays en 2016 comme en 2017".

Le ministre des Finances "s'est engagé à ce que la France passe clairement et nettement sous les 3% en 2017", a-t-il ajouté. "Aujourd'hui, il n'y a pas de raisons de l'attester mais pas de raison non plus d'en douter", a ajouté le commissaire.

Des doutes sont apparus quand le président François Hollande a déclaré devant le Congrès que les dépenses générées par la hausse des effectifs des forces de l'ordre et de la justice qu'il venait d'annoncer ne serait pas compensée, estimant que "le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de stabilité".

Le gouvernement a depuis chiffré leur coût à 600 millions d'euros pour 2016, soit l'équivalent de 0,03% du produit intérieur brut ou 0,15% du projet de budget 2016.

"Nous sommes devant des dépenses qui sont suffisamment significatives pour permettre des mesures fortes mais qui ne sont pas de nature à faire dévier la trajectoire budgétaire française, donc pas de contradiction pour nous entre sécurité et stabilité", a encore dit Pierre Moscovici.

La trajectoire des finances publiques remise par le gouvernement français à la Commission européenne au printemps prévoit de ramener le déficit public à 3,3% du PIB l'an prochain, contre 3,8% attendu cette année, puis 2,7% en 2017. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)