E.ON, RWE pourraient transiger sur l'arrêt du nucléaire

lundi 23 novembre 2015 17h06
 

DUSSELDORF/FRANCFORT, 23 novembre (Reuters) - E.ON et RWE, les deux principaux producteurs allemands d'électricité, pourraient renoncer à des procédures judiciaires visant à obtenir plusieurs milliards d'euros de l'Etat fédéral pour couvrir le coût du démantèlement de leurs centrales nucléaires, à condition de parvenir à un compromis favorable sur ce dossier, a-t-on appris de deux sources proches du dossier.

Les compagnies d'électricité allemandes ont vu leur rentabilité se dégrader depuis la décision de Berlin d'abandonner progressivement le nucléaire, adoptée après la catastrophe de Fukushima, au Japon, en mars 2011.

Cette décision a conduit les principaux acteurs du secteur, dont RWE, E.ON et Vattenfall, à engager des procédures judiciaires pour tenter d'obtenir une indemnisation de ce qu'ils considèrent comme une expropriation.

E.ON a dit vouloir obtenir huit milliards d'euros; RWE n'a pas révélé ses prétentions, que Deutsche Bank estime à environ six milliards.

"L'abandon des plaintes est sujet à négociations", a dit l'une des sources, ajoutant que l'issue du dossier dépendrait d'un éventuel accord amiable sur le coût global du démantèlement du parc nucléaire, susceptible d'atteindre 80 milliards d'euros.

E.ON et RWE ont refusé de commenter ces informations.

Le gouvernement Merkel a nommé une commission chargée de formuler d'ici fin janvier des recommandations sur les moyens de garantir les financements destinés au démantèlement. Un fonds de garantie public pourrait ainsi gérer les provisions déjà passées par les compagnies, qui atteignent près de 40 milliards d'euros.

Pour RWE et E.ON, ces provisions atteignent près de 27 milliards.

Les sources ont précisé que RWE et E.ON pourraient transférer à un éventuel fonds de garantie leurs parts du capital du producteur d'uranium Urenco, dont ils possèdent ensemble un tiers au nom de l'Etat allemand.   Suite...