LEAD 2-Le socialiste Antonio Costa chargé de former le gouvernement portugais

lundi 23 novembre 2015 18h01
 

(Titre répété)

LISBONNE, 23 novembre (Reuters) - Le président portugais Anibal Cavaco Silva a chargé lundi Antonio Costa, secrétaire général du Parti socialiste, de former un gouvernement et d'obtenir de ses partenaires la garantie qu'il respecteront les engagements de Lisbonne envers ses partenaires de l'Union européenne.

Le chef de l'Etat réclame ainsi des clarifications sur les accords que le PS a conclus avec le Parti communiste et le Bloc de gauche, ainsi que sur le respect des règles européennes concernant la réduction du déficit budgétaire. Il souhaite également savoir si le budget 2016 pourra être adopté.

Les deux mouvements d'extrême gauche, qui militent contre l'austérité, se sont jusqu'ici opposés aux coupes budgétaires qu'impliquent ces règles, or les socialistes ne peuvent gouverner sans leur appui. A eux trois, PS, PC et Bloc de gauche disposeraient de la majorité dans la législature issue des élections du 4 octobre dernier.

Le 10 novembre, ils ont renversé le gouvernement de centre-droit formé par Pedro Passos Coelho, chef de file de la coalition sortante, qui était arrivée en tête du scrutin sans atteindre la majorité absolue.

Le chef de l'Etat "a demandé une clarification des questions qui ont été omises dans différents documents asymétriques que le Parti socialiste a signés avec le Bloc de gauche, le Parti communiste et les Verts, ce qui a soulevé des doutes quant à la stabilité et à la longévité d'un gouvernement socialiste minoritaire", dit la présidence dans un communiqué.

Antonio Costa ne s'est pas exprimé à l'issue de son entrevue avec Anibal Cavaco Silva. Vendredi, il s'était dit tout à fait apte à former un gouvernement stable et à faire adopter le budget sur la base des accords conclus avec l'extrême gauche, même si celle-ci ne s'est pas engagée par écrit à respecter les règles budgétaires européennes, à la différence du PS.

Jeronimo de Souza, secrétaire général du PC, s'est indigné des exigences du chef de l'Etat. "Il n'y a pas de raison que le président pose des conditions et réclame des garanties (...) C'est une nouvelle atteinte à la Constitution de la part de Cavaco Silva et nous y répondrons de façon démocratique avec les travailleurs et le peuple", a-t-il déclaré devant les caméras de télévision.

(Andrei Khalip et Axel Bugge; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Marc Angrand)