Pfizer envisage une offre sur Allergan à $370-$380 par action

jeudi 19 novembre 2015 08h24
 

NEW YORK/WASHINGTON, 19 novembre (Reuters) - Pfizer envisage de lancer une offre sur Allergan à un prix par action compris entre 370 et 380 dollars, ce qui représenterait une transaction de quelque 150 milliards de dollars (140 milliards d'euros), soit la plus importante jamais enregistrée dans le secteur pharmaceutique.

Selon une soucre proche du dossier, les pourparlers entre les deux groupes américains, rendus publics à la fin du mois dernier, se sont accélérés mais les annonces du Trésor américain au sujet d'un durcissement des régles encadrant l'"inversion fiscale" rendent le calendrier, voire l'issue des discussions, plus incertains.

Allergan, dont l'action a clôturé mercredi à 310,8 dollars, n'a pas répondu à une demande de commentaire envoyée par Reuters. Pfizer a refusé de réagir à l'information.

Une fusion éventuelle entre Pfizer et Allergan créerait le plus important groupe pharmaceutique mondial.

Aux yeux de Pfizer, un des principaux attraits d'Allergan, qui a fusionné en mars avec Actavis, est le fait qu'il soit basé en Irlande, pays où la fiscalité des entreprises est moins élevée qu'aux Etats-Unis.

L'expression "inversion fiscale" désigne le mécanisme par lequel des entreprises américaines délocalisent leur siège social dans un pays à taux d'imposition plus bas en achetant une société étrangère. Le taux d'imposition réel de Pfizer est de 25% tandis que celui d'Allergan est de 15%.

Mais la modification de la règlementation fiscale effectuée par les autorités américaines pour lutter contre cette pratique d'inversion fiscale a déjà provoqué l'abandon par le laboratoire américain AbbVie de son OPA sur l'irlandais Shire .

"Au cours de la semaine, nous prévoyons d'annoncer de nouvelles directives ciblées visant (...) à réduire encore davantage les bénéfices économiques des inversions (...)", est-il écrit dans une lettre du Trésor américain dont Reuters a pu voir une copie.

Lorsque que Pfizer avait, en vain, tenté de mettre la main sur son concurrent anglo-suédois AstraZeneca l'an dernier, le groupe américain avait également été motivé par une volonté une volonté d'optimisation fiscale.

Le secteur pharmaceutique est actuellement en pleine consolidation, les principaux acteurs du marché tentant de ce recentrer sur un nombre restreint d'activités qu'ils dominent tandis que les génériqueurs souhaitent se rapprocher de la taille critique et mettre la main sur des produits présentant des marges supérieures. (Greg Roumeliotis et Kevin Drawbaugh, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)