Des ingénieurs de VW admettent avoir manipulé les rejets de CO2

dimanche 8 novembre 2015 12h39
 

BERLIN, 8 novembre (Reuters) - Des ingénieurs de Volkswagen ont admis avoir manipulé les données sur les rejets de dioxyde de carbone des véhicules du constructeur, jugeant trop difficiles à atteindre les objectifs ambitieux fixés par l'ancien patron du groupe Martin Winterkorn, rapporte le Bild am Sonntag.

Selon le journal, les ingénieurs de VW ont falsifié la pression des pneus et mélangé du gazole avec l'huile moteur pour abaisser la consommation de ces véhicules.

La tricherie, révélée en début de semaine, a commencé en 2013 et s'est terminée au printemps 2015.

En mars 2012, au salon automobile de Genève, Martin Winterkorn avait annoncé que Volkswagen entendait réduire de 30% les émissions de CO2 de ses véhicules d'ici 2015 et, d'après le Bild, les ingénieurs n'ont pas osé lui dire que l'objectif serait difficile à atteindre. Martin Winterkorn a démissionné en septembre, emporté par le scandale.

"Des employés ont indiqué au cours d'une enquête interne qu'il y avait des irrégularités dans la vérification des données sur la consommation de carburant. Ce qui s'est produit fait l'objet d'une procédure en cours", a déclaré un porte-parole du constructeur allemand, refusant de commenter davantage l'article du Bild am Sonntag.

Volkswagen a reconnu mardi qu'il avait sous-estimé les émissions de CO2 de certains modèles vendus en Europe, et donc leur consommation de carburant. L'erreur est susceptible de concerner jusqu'à 800.000 véhicules.

Cette révélation ajoute une nouvelle dimension à la crise qu'ont fait éclater mi-septembre les accusations de trucage des tests anti-pollution portées par les autorités américaines à l'encontre du groupe allemand.

C'est un ingénieur travaillant au département de recherche & développement au siège de VW à Wolfsburg qui a rompu le silence à la fin du mois dernier et informé ses supérieurs de cette tricherie à grande échelle, écrit le Bild. Selon le journal, la direction étudie d'éventuelles sanctions contre des employés mais l'ingénieur qui a fait connaître la manipulation sera protégé. "Nous ne pouvons pas punir quelqu'un qui a fait preuve d'un tel courage", a déclaré au Bild un membre de la direction.

Les spécialistes du secteur estiment que VW pourrait devoir dépenser jusqu'à 35 milliards d'euros en règlements de litiges et rappels de véhicules.

(Jan Schwartz; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)