Finlande-Accord sur l'assurance-maladie, survie du gouvernement

samedi 7 novembre 2015 03h13
 

HELSINKI, 7 novembre (Reuters) - La gouvernement finlandais a annoncé samedi avoir trouvé un accord sur la réduction des coûts du système d'assurance-maladie du pays, en récession depuis 2012, ce qui évite à ce stade l'éclatement de l'équipe au pouvoir.

Le Premier ministre Juha Sipila, un ancien dirigeant dans le secteur de télécoms, avait rompu jeudi avec la tradition de recherche de consensus en Finlande en menaçant de démanteler sa coalition gouvernementale de droite, en place depuis mai dernier, faute d'accord d'ici vendredi.

"Le gouvernement a trouvé un accord sur le principe d'une réforme des affaires sociales et de l'assurance-maladie", précise Helsinki dans un communiqué.

Cette réforme, qui sera détaillée lundi, vise à baisser les futurs coûts de l'assurance-maladie de trois milliards d'euros, dans un contexte de rapide vieillissement d'une population de 5,5 millions de personnes.

De manière générale, le gouvernement veut arriver à un programme d'économies de 10 milliards d'euros pour équilibrer sur le long terme les finances du pays.

Un temps réputée pour la bonne tenue de ses comptes publics et sa capacité à innover, l'économie finlandaise se contracte depuis plus de trois ans, conséquence de la crise en Europe, du ralentissement en Russie et des déboires du géant des réseaux Nokia, longtemps fleuron de l'économie nationale.

Pour cette année, le ministère des Finances ne prévoit qu'une croissance de 0,2%.

La coalition au pouvoir est composée du parti du Centre du Premier ministre Juha Sipila, du Parti de la coalition nationale de son prédécesseur pro-européen Alexander Stubb et du Parti des Finlandais, populiste, eurosceptique et partisan d'un durcissement de la politique d'immigration.

Après avoir dit pendant la campagne électorale que la Finlande, qui contrairement à ses voisins nordiques a perdu son "triple A", pourrait être la prochaine Grèce, Juha Sipila semble éprouver des difficultés à mettre en oeuvre son programme depuis qu'il est au pouvoir.

"Cet épisode (de l'assurance-maladie) ébranle la confiance dans la capacité du gouvernement à prendre des décisions. On a l'impression que les partenaires de la coalition ont traversé une période de tensions majeures", a dit Pasi Kuoppamaki, analyste chez Danske Bank. (Jussi Rosendahl, Benoit Van Overstraeten pour le service français)