6 novembre 2015 / 08:40 / il y a 2 ans

France-Les tests de voitures diesel confirment un écart-Royal

PARIS, 6 novembre (Reuters) - Les premiers tests aléatoires menés en France sur des voitures diesel après le scandale Volkswagen confirment un écart entre les niveaux d‘émissions affichés et ceux enregistrés dans les conditions réelles de circulation, a déclaré vendredi Ségolène Royal.

La ministre de l‘Environnement a cependant écarté l‘idée que les constructeurs automobiles français aient pu tricher comme leur concurrent allemand pour afficher des résultats conformes aux normes en vigueur en matière de pollution.

“Je veux dire très fermement que ce n‘est pas parce que Volkswagen a triché qu‘il faut faire peser une suspicion sur l‘ensemble des constructeurs français”, a-t-elle déclaré sur France Info.

“La question est de savoir comment on contrôle une voiture. Aujourd‘hui c‘est un contrôle sur banc alors que les normes s‘appliquent (...) en situation de conduite réelle ; c‘est donc ce test qu‘il faut faire”, a-t-elle ajouté.

A la suite de la révélation de la tricherie de Volkswagen, Ségolène Royal a demandé qu‘un test soit effectué en France sur une centaine d‘automobiles de toutes marques choisies au hasard.

Elle a demandé pour ce faire la mise au point d‘un protocole de contrôle d‘ici la fin de ce mois. Mais une dizaine de tests ont déjà été conduits, a-t-elle précisé.

“Sur les dix voitures que nous venons de contrôler, de toutes marques, on observe que sur Volkswagen il y a un dépassement de cinq fois la valeur limite de la réglementation en oxyde d‘azote, donc on a bien confirmation de la tricherie”, a indiqué la ministre de l‘Environnement.

“Sur les autres, c‘est 1,5 à deux, c‘est-à-dire l‘écart que l‘on connaît entre le contrôle sur banc et le contrôle en conduite réelle”, a-t-elle dit.

Des experts interrogés par France Info ont pour leur part confirmé que les constructeurs automobiles, y compris français, se sont efforcés jusqu‘ici de maximiser les résultats de tests au demeurant vieillissants.

“On accélère de 0 à 50 km/h en 30 secondes (...) Ils débranchent l‘alternateur (...) Ils surgonflent les pneus (...) Ils choisissent des pneus spécifiques”, a dit François Cuénot, ingénieur, membre de l‘association Transport et Environnement.

Ce que n‘a pas vraiment démenti un représentant du Comité des Constructeurs Français d‘Automobiles (CCFA), François Roudier, également interrogé par cette radio.

“C‘est comme le bac : on prend du café avec du speed et on essaye d‘être le meilleur possible. On aura 18 en physique alors que d‘habitude on a plutôt 13 de moyenne”, a-t-il déclaré.

“C‘est vrai que tout le monde fait cela”, a-t-il ajouté. “C‘était vraiment lié à l‘ancien cycle d‘essais (...) tellement ridicule qu‘il pousse au n‘importe quoi et à la recherche de la limite maximum autorisée par la loi.”

Une représentante de la Commission européenne auditionnée par les sénateurs le 13 octobre et citée par France Info, Joanna Szychowska, a pour sa part admis que l‘exécutif européen était “conscient” de l‘existence de ce problème depuis 2010. (Emmanuel Jarry, édité par Yann Le Guernigou)

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