La BCE, inquiète d'un risque de défiance, se tient prête à agir

jeudi 5 novembre 2015 16h33
 

FRANCFORT, 5 novembre (Reuters) - Les investisseurs n'ont peut-être plus autant confiance dans les capacités de la Banque centrale européenne (BCE) à atteindre son objectif d'inflation, a déclaré jeudi son vice-président Vitor Constancio, dont les propos semblent confirmer que l'institut d'émission se tient prêt à agir.

Jan Smets, qui siège au Conseil des gouverneurs, a lui aussi pointé ce risque de perte de confiance, déclarant au quotidien financier Handelsblatt que la BCE pourrait adapter la taille, la composition et la durée de son programme d'achats d'actifs dit d'assouplissement quantitatif (QE).

La BCE s'est fixé pour objectif une inflation d'un tout petit peu moins de 2%.

"L'évolution récente des (...) mesures tend à faire apparaître quelques craintes de désancrage des anticipations de l'inflation à long terme", a déclaré Vitor Constancio à Francfort.

Le président Mario Draghi s'est également inquiété de ce risque de ne pas atteindre l'objectif d'inflation, exprimant son souci d'examiner les moyens de donner plus d'ampleur au programme.

Il a déclaré mardi que les responsables de la politique monétaire de la BCE réexamineraient, lors de leur réunion du 3 décembre, le degré de soutien monétaire qu'ils avaient mis en place, restant disposés à agir et capables de le faire si nécessaire.

S'exprimant ce jeudi à Milan, Mario Draghi a souligné le risque qu'un affaiblissement de l'économie mondiale "entrave le retour à la stabilité des prix à moyen terme".

Si les consommateurs et les entreprises pensent que les prix vont stagner, ils seront tentés pour les uns de reporter leurs achats et pour les autres de ne pas revaloriser les salaires. Pour les banquiers centraux, il y a là un grave danger déflationniste, susceptible de mettre les économies à genoux. (John O'Donnell et Balasz Koranyi; Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Patrick Vignal)