Grève contre l'ouverture à la concurrence des barrages français

mercredi 4 novembre 2015 14h23
 

PARIS, 4 novembre (Reuters) - Une grève contre l'ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques affectait la production d'électricité française mercredi matin, selon des informations diffusées par la CGT.

Cette grève intervient après une mise en demeure de la Commission européenne enjoignant le gouvernement français à accélérer le processus de mise en concurrence qui pourrait, selon la CGT, "conduire à offrir aux appétits du privé un quart des installations hydroélectriques françaises".

Le syndicat précise dans un communiqué que le mouvement de grève a démarré mardi soir dans les barrages et s'est doublé mercredi matin d'une action dans certaines centrales nucléaires, avec environ 7.000 mégawatts (MW) de production à l'arrêt mardi à 22h et 9.000 MW mercredi matin.

RTE, la filiale d'EDF chargée du réseau de transport d'électricité, a toutefois précisé ne pas avoir eu de difficulté particulière à gérer en matière d'équilibre offre/demande.

EDF comptait pour sa part environ 9% de grévistes à la mi-journée.

Le Figaro rapportait vendredi que Paris disposait désormais de deux mois pour apporter une réponse à la mise en demeure de Bruxelles, ajoutant que la Commission "serait même encline à demander à EDF de ne pas se porter candidat dans le cadre des appels d'offres qui seraient lancés".

La mise en concurrence des barrages était une promesse de la majorité précédente, qui avait annoncé en 2010 le lancement d'ici 2015 d'appels d'offres pour dix barrages représentant 20% de la puissance hydroélectrique française, en application de directives européennes.

La loi de transition énergétique votée cette année prévoit par ailleurs un système de sociétés d'économies mixtes (SEM) pour les barrages dont la concession expire, censé répondre aux exigences de Bruxelles et permettre à l'Etat de garder un contrôle public sur les installations.

Personne n'était disponible dans l'immédiat au ministère de l'Ecologie et de l'Energie pour s'exprimer sur le sujet.

Les concessions hydroélectriques françaises sont exploitées à 80% environ par EDF et à 15% par Engie. (Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez)