France-L'Etat accusé de piocher dans l'épargne des handicapés

mardi 3 novembre 2015 17h27
 

PARIS, 3 novembre (Reuters) - Le gouvernement, déjà contraint de corriger l'imbroglio des impôts locaux, a promis mardi de limiter les effets de la réforme des conditions d'attribution de l'allocation adulte handicapés (AAH), qui provoque la colère des associations.

La loi de Finances 2016 prévoit que l'allocation adulte handicapé, actuellement de 807,65 euros par mois, soit minorée des revenus des comptes d'épargne pour l'aligner sur les autres minima sociaux.

Lors de la séance des questions à l'Assemblée, la députée UDI de Polynésie française Maina Sage a affirmé que cette mesure "conduira à une baisse de l'allocation, de 105 à 179 euros par mois" pour "210.000 personnes".

Or, "le montant de l'allocation est inférieur au seuil de pauvreté", a-t-elle expliqué.

La secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées, Ségolène Neuville, a répondu qu'elle travaillait à des propositions "destinées à limiter les effets de seuil" pour les personnes concernées.

"Il sera tenu compte des spécificités de l'épargne populaire", a-t-elle assuré, précisant que "des abattements sur les revenus du patrimoine seront proposés afin que les petits épargnants soient protégés".

L'Association des paralysés de France a lancé une pétition intitulée "Stop à l'indécence" qui avait recueilli mardi plus de 33.500 signatures.

"Pour une poignée d'euros issus des intérêts sur livret (maximum 205 euros par an), le gouvernement est-il prêt à sacrifier des centaines de milliers de personnes en situation de handicap parmi les plus vulnérables ?", demande-t-elle. (Gérard Bon, édité par Sophie Louet)