La BCE dévoile ce samedi l'état de santé des banques grecques

samedi 31 octobre 2015 03h59
 

FRANCFORT, 31 octobre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) dévoile ce samedi le besoin de financement des grandes banques grecques, qui devrait se chiffrer au maximum à 14 milliards d'euros.

L'annonce, programmée à 10h30 (09h30 GMT), conclut une série de tests de résistance menée par la BCE sur les quatre principales banques du pays, la Banque nationale de Grèce , la banque du Pirée, Alpha Bank et Eurobank, qui ont souffert des sorties de capitaux et de la dégradation de l'économie grecque (les difficultés rencontrées par les entreprises fragilisent leur capacité à rembourser les prêts accordés par les banques).

Cet examen de santé du secteur bancaire a révélé, selon deux sources bancaires interrogées jeudi, que les quatre grandes banques grecques présentaient dans le pire des scénarios un besoin d'argent frais de 14 milliards d'euros. (voir )

L'annonce de la BCE précédera l'examen par le Parlement grec du projet de loi de recapitalisation des banques. Ce texte a été présenté vendredi par le gouvernement. Les députés devraient se prononcer dès dimanche.

Le troisième plan de secours financier accordé cet été à la Grèce par ses créanciers internationaux, d'un montant total de 86 milliards d'euros, prévoit d'en consacrer 25 milliards au soutien du secteur bancaire grec.

Le fait que les besoins soient inférieurs à cette somme pourrait inciter les investisseurs à revenir en Grèce et limiter l'injection d'argent public dans le capital des banques.

L'évaluation menée par le Mécanisme de surveillance unique du secteur bancaire européen (MSU), qui est dirigé par la BCE, repose sur plusieurs scénarios, du plus favorable (les performances de l'économie grecque d'ici 2017 seraient conformes aux prévisions actuelles) au moins favorable (l'économie grecque connaîtrait une dégradation inattendue).

Suivant le scénario de base, indiquait une source bancaire jeudi, les tests de résistance devraient mettre en évidence un besoin de fonds propres de l'ordre de 4,5 milliards d'euros pour les quatre banques. En prenant le scénario le moins favorable, le déficit pourrait atteindre les 14 milliards d'euros. (John O'Donnell avec Lefteris Papadimas à Athènes; Wilfrid Exbrayat et Henri-Pierre André pour le service français)