Chine-Les profits des banques pénalisés par le ralentissement

vendredi 30 octobre 2015 13h09
 

SHANGHAI/PEKIN, 30 octobre (Reuters) - Les cinq principales banques commerciales chinoises ont enregistré la plus faible croissance de leur profits au troisième trimestre depuis au moins trois ans avec la montée des provisions pour créances douteuses et la succession de baisses de taux décidées par la banque centrale face au ralentissement de l'économie chinoise.

Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) a fait état vendredi d'une stagnation de ses profits tandis qu'ils ont légèrement diminué pour Bank of Communications (BoCom) .

Les trois autres grandes banques chinoises -- Bank of China (BOC) , Agricultural Bank of China et China Construction Bank -- ont aussi publié des résultats quasi-étales dans le courant du mois.

La Banque populaire de Chine (BPC) a baissé ses taux directeurs à six reprises en moins d'un an, ce qui a comprimé les marges d'intérêt des banques, soit la différence entre le taux des prêts et le coût de financement. La banque centrale a aussi supprimé le plafond sur les taux créditeurs.

"Les baisses de taux d'intérêt conjointement à la libéralisation des taux va peser sur la profitabilité des banques car les taux créditeurs sont généralement ajustés plus lentement que ceux des prêts", a prévenu l'agence de notation Moody's dans un rapport sur les banques chinoises.

Le ralentissement économique chinois a aussi entraîné une monté des créances douteuses.

Le ratio des prêts non performants d'ICBC est ainsi passé de 1,4% à fin juin à 1,44% trois mois plus tard. Celui de BoCom est passé de 1,35% à 1,42%. CCB, AgBank et BoC ont aussi fait état d'une hausse de leur ratio de prêts non performants.

Les cinq principales banques commerciales ont aussi vu leurs charges pour dépréciation d'actifs nettement augmenter. Elles ont aussi toutes accru leurs réserves pour renforcer leur bilan.

Les charges pour dépréciation sur les prêts et avances aux clients ont atteint 61,25 milliards de yuans (8,8 milliards d'euros) sur les neuf premiers mois de l'année, en hausse de 90% par rapport à la période correspondante de 2014.

Sur la période de janvier à septembre, les dépréciations d'actifs ont bondi de 14,88% pour BoC et de 62,65% pour CCB. (Shu Zhang, Marc Joanny pour le service français, édité par Bertrand Boucey)