Sharp pressé par ses créanciers de trouver un associé LCD-sces

mardi 27 octobre 2015 16h49
 

par Makiko Yamazaki et Taiga Uranaka

TOKYO, 27 octobre (Reuters) - Les grandes banques créancères de Sharp lui disent de trouver un repreneur dans les mois qui viennent pour tout ou partie de son segment LCD déficitaire, l'obligeant ainsi à trouver de l'argent frais ailleurs car elles ont déjà financé deux gros renflouements, selon des sources au fait du dossier.

Malgré un second sauvetage de 1,7 milliard de dollars en mai, le deuxième en trois ans, les pertes sont toujours là et empêchent Sharp de pratiquer les investissements qui seraient nécessaires à la survie de son segment écrans, expliquent-elles.

Le groupe d'électronique japonais a dit cette semaine qu'il ne dégagerait pas de bénéfice d'exploitation semestriel comme il le pensait en raison d'une chute des prix des écrans petits et moyens, anticipant au contraire une perte de 26 milliards de yens (196 millions d'euros).

"Nous voulons que Sharp se soit décidé (sur un associé) d'ici la fin de l'année ou d'ici la fin de l'exercice fiscal en mars au plus tard", a dit à Reuters le responsable de l'une des banques. "Les LCD sont un segment instable, qui nécessite de gros investissements en permanence et je ne crois pas que Sharp peut le faire seul".

Le taïwanais Hon Hai Precision Industry (Foxconn) est intéressé par la filiale LCD, tandis que le fonds d'investissement public Innovation Network Corp of Japan envisage aussi d'investir directement dans Sharp ou de fusionner cette filiale avec celle du concurrent Japan Display, selon plusieurs sources.

Des sources financières disent cependant qu'un accord n'est pas près d'être conclu.

Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ, filiale de Mitsubishi UFJ Financial Group et Mizuho Bank, filiale de Mizuho Financial Group, sont les principales créancières de Sharp. Elles n'étaient pas disponibles dans l'immédiat. Sharp s'est refusé à tout commentaire sur ce dossier.

Des analystes ne croient pas que les grandes banques lâcheront Sharp au vu des sommes colossales déjà prêtées au groupe japonais.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français)