Reprise des discussions à Air France entre syndicats et direction

jeudi 22 octobre 2015 08h38
 

PARIS, 22 octobre (Reuters) - La direction et les syndicats d'Air France se retrouvent ce jeudi dans le cadre d'un nouveau comité central d'entreprise, deux semaines après une réunion tendue qui avait été émaillée de violences à l'annonce du plan de suppression de 2.900 postes.

Le nouveau CCE doit débuter à 09h00 dans les salons de l'Hôtel des Arts et Métiers, avenue d'Iéna, à Paris. L'intersyndicale a appelé les personnels de la compagnie aérienne à manifester à 13h devant l'Assemblée nationale.

"Aujourd'hui, au CCE, la CFDT va déposer un droit d'alerte pour dire que le plan qui est proposé par la direction, le plan B, est une impasse économique et donc une impasse sociale", a déclaré le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, sur RTL.

"J'espère qu'aujourd'hui la direction va comprendre qu'il est hors de question d'aller vers des suppressions de lignes à Air France, des suppressions d'avions parce que ce serait le début de la faiblesse d'Air France", a-t-il ajouté.

Aux yeux du leader de la CFDT, les pilotes constituent le point névralgique des discussions et doivent fournir "leur part d'effort pour sortir de la situation dans laquelle on est", les personnels au sol ayant eux déjà "fait ces efforts".

La compagnie aérienne a annoncé le 5 octobre 2.900 nouvelles suppressions de postes et le retrait de 14 avions de sa flotte long-courrier d'ici 2017 dans le cadre du plan "B" de restructuration.

Ce plan, qui a conduit des salariés à molester le directeur des ressources humaines et un haut responsable de l'activité long-courrier à Air France, fait suite à l'échec des négociations avec les syndicats de pilote auxquels la direction demandait notamment de travailler une centaine d'heures supplémentaires par an à salaire égal.

Dimanche dernier, le PDG d'Air France Alexandre de Juniac a annoncé que la première partie du plan de restructuration serait appliquée l'an prochain, avec près d'un millier de suppressions de postes.

Il a toutefois précisé que la phase la plus "douloureuse" pouvait être évitée en 2017 si des négociations aboutissaient d'ici à début 2016.

A la suite des débordements du 5 octobre dernier, six salariés ont été mis à pied à titre conservatoire. Cinq d'entre eux seront jugés le 2 décembre prochain. Ils encourent jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. (Marine Pennetier, édité par Jean-Michel Bélot)