Les USA évoquent une possible réforme de leur marché obligataire

mardi 20 octobre 2015 18h33
 

par Richard Leong et Jonathan Spicer

NEW YORK, 20 octobre (Reuters) - Les autorités financières américaines, confrontées au développement rapide des transactions électroniques sur le marché obligataire, ont estimé mardi qu'il faudrait peut-être engager des réformes allant dans le sens de la stabilité et non pas vers une "concurrence sans fin pour toujours plus de vitesse".

Depuis un brutal et très bref "rally" des Treasuries survenu le 15 octobre 2014, les régulateurs surveillent très attentivement l'évolution des structures du marché obligataire, qui pèse près de 13.000 milliards de dollars.

Dans le même temps, certains investisseurs et traders redoutent que de telles perturbations ne se multiplient sur les Treasuries, segment du marché des capitaux considéré comme le plus sûr au monde.

Un rapport relatif à l'événement d'octobre 2014 évoque la montée en puissance des stratégies dites algorithmiques et du trading à haute fréquence, responsables de mouvements de plusieurs milliards de dollars en l'espace d'un fraction de seconde.

Selon le gouverneur de la Fed Jerome Powell, la structure actuelle du marché obligataire américain favorise ceux qui s'engagent dans ce type de trading à haute fréquence.

"On pourrait adapter ces structures de telle façon que l'accent soit mis davantage sur la fourniture de liquidité et non pas sur une concurrence sans fin pour toujours plus de vitesse", a-t-il dit, lors d'une conférence, évoquant par exemple la possibilité d'imposer une durée de vie minimum aux ordres.

Les partisans du trading "algo" louent son efficacité en matière de fixation du juste prix d'une transaction alors que ses détracteurs y voient une source majeure d'instabilité.

"La croissance du trading à grande vitesse, algorithmique, a accru le risque opérationnel et plaide plus que jamais pour des mesures de surveillance et de gestion du risque exhaustives", a observé Antonio Weiss, un conseiller du secrétaire au Trésor, dans un autre discours.   Suite...