France-Hollande interpellé sur la taxe sur les transactions

mardi 20 octobre 2015 12h56
 

PARIS, 20 octobre (Reuters) - Une taxe sur les transactions financières limitée à onze pays européens pénaliserait l'économie française, estiment plusieurs personnalités du monde financier et des entreprises, dont l'ex- président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet.

Dans une lettre au président François Hollande, dont le texte est publié mardi dans le Figaro, elles déclarent que cette taxe, qui pourrait entrer en vigueur début 2017, aurait un impact négatif tout autant sur le financement des entreprises que sur l'emploi.

Onze pays de l'Union européenne, dont la France et l'Allemagne, sont actuellement en discussions sur la mise en oeuvre d'une telle taxe et devraient annoncer le champ d'un accord le mois prochain.

La France applique déjà depuis 2012 une taxe limitée aux opérations sur actions de sociétés françaises, dont les députés viennent de voter l'élargissement aux transactions "intraday", engagées et dénouées au cours d'une seule et même journée, à compter de fin 2016.

"Nous sommes convaincus que cette taxe constituerait une lourde erreur", lit-on dans la lettre, qui juge qu'il serait difficile d'"imaginer plus beau cadeau" pour les places financières de Londres, Amsterdam, Dublin ou Luxembourg, dont les gouvernements n'ont pas voulu participer au projet.

L'enjeu est à la fois le financement des entreprises, dont la taxe renchérirait le coût, que l'emploi, qui serait "lourdement pénalisé" en France, pays qui se situe au deuxième rang mondial pour la gestion d'actifs.

"On chiffre à plus de 30.000 le nombre d'emplois directs et à plus de 70.000 le nombre d'emplois susceptibles de quitter le territoire français", indique la lettre, "sans compter le manque à gagner en termes de dépenses de biens de consommation et de rentrées fiscales."

Outre Jean-Claude Trichet, la lettre a été signée par Gérard Mestrallet, président d'Europlace et du groupe Engie, Stanislas de Bentzmann, président la société Devoteam et de Croissance Plus, et Pierre Pringuet, président de l'Afep (Association française des entreprises privées).

S'y ajoutent Jacques de Larosière, ancien directeur général du FMI et ex-gouverneur de la Banque de France, ainsi que deux économistes, Christian de Boissieu et Jean-Hervé Lorenzi. (Yann Le Guernigou, édité par Grégory Blachier)