EDF et CGN scellent leur alliance dans le nucléaire britannique

mercredi 21 octobre 2015 15h33
 

LONDRES/PARIS, 21 octobre (Reuters) - EDF, son partenaire chinois CGN et le gouvernement britannique ont conclu mercredi une série d'accords en vue d'une décision finale d'investissement dans le projet de construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre.

En vertu de ces accords, l'électricien public français détiendra 66,5% du projet et CGN investira 6 milliards de livres sterling pour en acquérir 33,5%.

Le projet de Hinkley Point est estimé à 18 milliards de livres sterling (24,5 milliards d'euros), soit l'équivalent selon EDF du montant de 16 milliards - en livres de 2012 - prévu il y a deux ans. La mise en service du premier EPR britannique est prévue pour 2025, à comparer avec une date de 2023 annoncée précédemment.

Le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy a précisé lors d'une conférence téléphonique que la décision finale d'investissement dans Hinkley Point interviendrait "dans quelques semaines".

L'accord prévoit également que CGN prendra 20% du projet de construction de deux autres EPR à Sizewell, dans l'est du pays, pour lequel EDF ne prévoit pas de décision d'investissement avant trois ou quatre ans.

CGN sera en revanche le chef de file d'un autre projet nucléaire à Bradwell, dans le sud-est de l'Angleterre, dont il détiendra 66,5% tandis qu'EDF en contrôlera 33,5%. La Chine souhaite lancer pour ce projet son propre réacteur de 1.000 mégawatts (MW), l'EPR affichant pour sa part une puissance de 1.650 MW.

EDF estime à trois ou quatre ans le délai nécessaire pour faire certifier ce futur modèle - nommé UK Hualong -, dont il juge qu'il contribuera à la diversification de la gamme disponible pour la filière française, Areva ayant déjà développé avec le japonais Mitsubishi Heavy Industries un modèle de 1.100 MW (l'Atmea).

Contrairement à son souhait initial, EDF devra consolider par intégration globale son investissement dans le projet d'Hinkley Point, ce qui l'obligera à céder des actifs pour respecter ses objectifs financiers.

Le quotidien Les Echos rapportait vendredi que le programme de cession du groupe concernerait au total au moins 10 milliards d'euros d'actifs à l'horizon 2020, un montant qu'EDF n'a ni confirmé ni infirmé.   Suite...