VW a conçu plusieurs versions du logiciel de trucage-sources

dimanche 18 octobre 2015 16h10
 

BERLIN/LOS ANGELES/DETROIT, 18 octobre (Reuters) - V olkswagen a conçu plusieurs versions du logiciel installé sur des véhicules diesel permettant de truquer les tests anti-pollution, selon trois sources proches du dossier, ce qui pourrait suggérer un système de fraude complexe.

Pendant les sept années de manipulation reconnue des tests, VW a modifié son logiciel de fraude pour l'adapter à quatre types de moteurs différents, a-t-on précisé de mêmes sources, dont un directeur chez VW et un responsable de l'administration américaine proche de l'enquête menée auprès du groupe.

Les porte-paroles de VW en Europe et aux Etats-Unis ont refusé de commenter cette information selon laquelle plusieurs dispositifs de trucage ont été créé, évoquant les enquêtes en cours du groupe et des autorités des deux côtés de l'Atlantique.

A la question de savoir combien de personnes auraient pu avoir connaissance de ce système de fraude, un porte-parole au siège du premier constructeur automobile, à Wolfsburg en Allemagne, a dit: "Nous travaillons intensément pour savoir qui savait et quand mais il est beaucoup trop tôt pour le dire."

Certains experts et analystes du secteur notent que l'existence de plusieurs dispositifs de trucage, si elle est confirmée, laisserait entrevoir la possibilité que plusieurs catégories de salariés aient été impliquées. Les informaticiens auraient eu régulièrement besoin de financement, et aussi de connaître les programmes de construction de moteurs, disent-ils.

Le nombre de personnes impliquées est une question essentielle car elle pourrait avoir une influence sur le montant des éventuelles amendes ainsi que sur l'ampleur des changements à opérer à la direction du groupe, a souligné Arndt Ellinghorst, analyste au cabinet de conseil bancaire Evercore ISI.

VW a reconnu publiquement en septembre avoir utilisé un logiciel permettant de repérer lorsqu'un véhicule diesel faisait l'objet d'un test afin de réduire momentanément les émissions.

Le scandale a effacé environ un quart de la capitalisation boursière du premier constructeur automobile européen et obligé son président du directoire, Martin Winterkorn, à démissionner tout en poussant son nouveau patron Matthias Müller à évoquer la possibilité d'une baissé "massive" des effectifs.

VW a annoncé samedi envisager une réduction du nombre de ses emplois temporaires dans le cadre d'efforts financiers destinés à pallier les coûts engendrés par le scandale. (Andreas Cremer, Bruce Wallace et Paul Lienert, Juliette Rouillon pour le service français)