October 16, 2015 / 9:29 AM / 2 years ago

AVANT-PAPIER-La croissance chinoise attendue au plus bas depuis 2009

5 MINUTES DE LECTURE

par Kevin Yao

PEKIN, 16 octobre (Reuters) - La croissance économique de la Chine devrait être tombée au troisième trimestre sous 7% en rythme annuel pour la première fois depuis la crise financière mondiale, un ralentissement qui plaiderait pour de nouvelles mesures de soutien mais risquerait d'ajouter à l'inquiétude des investisseurs.

Les autorités de Pékin peinent en effet depuis plusieurs mois à convaincre les marchés mondiaux de leur capacité à piloter efficacement l'économie après la dévaluation surprise du yuan en août, coup d'envoi d'une période de turbulences sur les places financières.

S'il s'efforce d'écarter le risque d'un atterrissage brutal, le gouvernement reconnaît lui-même que la deuxième économie mondiale entre dans une phase de croissance plus lente après un quart de siècle d'expansion galopante.

Au troisième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) devrait avoir progressé de 6,8% par rapport à la même période de l'an dernier, après +7% au deuxième trimestre, selon une enquête de Reuters auprès de 50 économistes.

Il s'agirait du chiffre le plus faible enregistré depuis le premier trimestre 2009, lorsque la croissance était tombée à 6,2%. Pour autant, il resterait loin de traduire un véritable coup de frein brutal au développement économique chinois.

La prévision la plus haute recueillie lors de l'enquête est de 7,2%, la plus basse de 6,4%. Mais certains économistes estiment que la croissance réelle pourrait être bien inférieure à celle affichée, les statistiques officielles étant à leurs yeux peu crédibles.

Au-delà de la fiabilité des chiffres, le débat devrait porter principalement sur la nécessité d'un ajustement de la politique économique et de la politique monétaire.

"Nous nous attendons à ce que le gouvernement maintienne une politique monétaire souple et augmente les dépenses budgétaires face au ralentissement de l'économie", disent ainsi les économistes de la banque d'investissement China International Capital Corp (CICC) dans une note.

"Nous pensons que des mesures d'assouplissement pourraient permettre d'atténuer le ralentissement tendanciel de la croissance économique, mais il sera difficile d'inverser la tendance à la baisse sur le long terme."

Une Baisse De Taux D'ici La Fin De L'année

Dans ce contexte, la publication lundi d'un chiffre de croissance meilleur qu'attendu pourrait alimenter le scepticisme sur la fiabilité des statistiques officielles, même si certains observateurs jugent que Pékin pourrait en fait sous-estimer la consommation et la croissance du secteur des services.

En dépit de la faiblesse des exportations et des importations, des surcapacités industrielles et du ralentissement du marché immobilier, la croissance chinoise a atteint 7,0% en rythme sur chacun des deux premiers trimestres de l'année, un chiffre conforme à l'objectif officiel, et Pékin a nié avoir gonflé les statistiques dans ce but.

Désormais, les autorités politiques et monétaires estiment qu'elles peuvent enrayer la baisse rapide des réserves de change et réduire la pression sur le yuan en soutenant l'économie afin d'atteindre l'objectif de 7% de croissance pour cette année, disent des sources proches des débats en cours.

CICC prévoit pour sa part que la banque centrale annoncera d'ici la fin de l'année une nouvelle baisse d'un quart de point de ses taux directeurs et deux réductions du taux de réserves obligatoires imposé aux banques, pour un total de 100 points de base.

Le ralentissement de l'inflation plus marqué qu'attendu en septembre et la baisse des prix à la production pour le 43e mois d'affilée ont encore souligné l'urgence de nouvelles mesures afin d'éloigner le risque déflationniste.

La Banque populaire de Chine (BPC) a déjà abaissé ses taux à cinq reprises depuis un an tout en assouplissant les règles imposées au secteur bancaire mais les observateurs estiment que ce type de mesures sont moins efficaces que par le passé, lorsque l'économie était davantage administrée et les niveaux d'endettement bien inférieurs.

D'autres mesures, plus ciblées, annoncées ces derniers mois, ont permis de soutenir les ventes de logements et les prix de l'immobilier, sans pour autant interrompre la baisse de la construction, qui pèse sur la demande de nombreuses matières premières. (Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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