BOURSE-Gameloft et Ubisoft s'envolent, Vivendi s'invite à leur capital

jeudi 15 octobre 2015 12h12
 

PARIS, 15 octobre (Reuters) - Gameloft et UBISOFT se détachent du peloton de tête des valeurs composant le CAC Mid&Small jeudi matin à la Bourse de Paris après que Vivendi a annoncé être monté au capital des deux éditeurs de jeux vidéo français.

Plusieurs analystes s'interrogent sur la portée de ces décisions présentées comme un simple placement de liquidités disponibles d'autant que Vivendi s'était retiré du secteur des jeux vidéos en 2013 en cédant l'essentiel de ses parts dans l'américain Activision.

Vers 12h00, Gameloft, dont Vivendi a acquis 6,2% du capital pour 19,7 millions d'euros, et Ubisoft, dont il a pris 6,6% pour 140,3 millions d'euros, bondissent respectivement de 12,03% et de 12,2%, dominant largement le palmares des hausses du CAC Mid&Small. Dans leur sillage, Big Ben Interactive, un autre acteur du secteur, gagne 5,94%.

Le titre Vivendi perd quant à lui 0,75%.

Kepler Cheuvreux, qui a relevé son conseil sur Gameloft d'alléger à conserver et réitéré son conseil d'achat sur Ubisoft, rappelle la grande expérience de "raider" de Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi et dit ne pas croire qu'il se contentera d'une participation minoritaire dans des groupes aux actionnariats fragmentés avec des flottants de 89% pour Ubisoft et de 86% pour Gameloft.

Le broker estime que si les intentions de Vivendi sur Gameloft ne sont pas encore claires, la forte expertise d'Havas (dont Bolloré détient 20%) dans la publicité, pourrait intéresser Vivendi qui pourrait jouer sur l'audience massive et récurrente de Gameloft (19 millions d'utilisateurs chaque jour et 163 millions par mois) dont "la monétisation n'a pas encore été optimisée".

Kepler Cheuvreux estime aussi que l'opération de Vivendi peut aussi relancer les spéculations sur une fusion Ubisoft-Gameloft.

De son côté, Bryan Garnier, qui a relevé son conseil sur Ubisoft de neutre à achat et réitéré sa recommandation d'achat sur Gameloft, écrit, dans une note, que "sans l'avouer", Vivendi souhaite "forcer une fusion entre les deux éditeurs de jeux vidéos. (Raoul Sachs, édité par Matthieu Protard)