Martin Bouygues-Le prix de rachat reste un frein au solaire

mercredi 14 octobre 2015 19h30
 

PARIS, 14 octobre (Reuters) - Martin Bouygues, PDG du groupe Bouygues, a estimé mercredi que le niveau actuel des tarifs de rachat de l'électricité solaire freinait toujours l'équipement massif des bâtiments en panneaux photovoltaïques.

La référence du tarif d'achat par EDF baisse régulièrement depuis 2011. Le prix se situe actuellement entre six et 26 centimes d'euro par KWh environ, selon la puissance de l'installation et l'usage du bâtiment, contre 12 à 46 centimes quatre ans plus tôt.

"Si on veut que les gens investissent dans l'énergie solaire, dans l'éolien, dans la géothermie ou dans d'autres technologies (...) il faut faire un calcul économique raisonnable (...) je ne parle pas de créer une rente, mais je pense qu'il faut avoir des retours sur investissement acceptables", a déclaré le PDG du groupe de BTP, de médias et de télécoms au cours d'un débat sur la performance énergétique des bâtiments lors du sommet "World Efficiency" à Paris.

"(La baisse des prix de rachat) a un peu perturbé tout le système. Je pense que c'était un choix qui n'était pas forcément le plus pertinent pour favoriser le développement de tout ce secteur", a-t-il ajouté.

Les émissions de CO2 des résidences principales ont été réduites de près des deux tiers depuis le premier choc pétrolier de 1973. Mais l'amélioration de la performance énergétique des logements, notamment par rénovation, reste un enjeu important car le bâtiment représente encore 20% environ des émissions totales de CO2 en France, selon l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la maîtrise de l'énergie)

Martin Bouygues s'est félicité des nombreux chantiers de rénovation de lycées, de collèges et d'hôpitaux engagés en France, mais tout en estimant que beaucoup restait à faire.

"En France il y a un problème d'exemplarité", a-t-il dit. "Quand vous allez voir l'état du Palais de l'Elysée, c'est confondant. Quand vous voyez les ministères, (ils) sont d'un archaïsme achevé et (...) surtout en terme de performance (énergétique) franchement en dehors de la plaque."

Outre les effets de la réglementation qui se durcit et des incitations fiscales qui se succèdent, le PDG de Bouygues veut aussi croire à un mouvement volontaire inspiré de la démarche bio.

"Ce qui m'a frappé dans l'agroalimentaire, c'est qu'il y a une conscience collective qui s'est faite, et que beaucoup de gens, très naturellement, sont allés vers le bio (...) vers un système de distribution un peu différent, mais aussi parfois une dépense un peu différente", a-t-il dit.

"Je pense que dans le logement il y aura aussi ce genre de démarche, les gens ont de plus en plus ont conscience que les qualités énergétiques de leurs logements doivent être améliorées." (Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot)