L'Europe risque de marginaliser ses banques, estime Oudéa

lundi 12 octobre 2015 11h58
 

PARIS, 12 octobre (Reuters) - Les banques européennes risquent d'être marginalisées si les autorités européennes leur imposent des contraintes réglementaires plus lourdes que celles qui s'appliquent à leurs rivales américaines, estime le directeur général de Société général, Frédéric Oudéa, dans une tribune publiée lundi par le Financial Times.

"Une poignée de puissantes banques universelles américaines sont en train de gagner des parts de marchés à l'étranger tout en renforçant leurs positions sur leur marché intérieur, grâce surtout à une réglementation qui rend difficile aux acteurs étrangers d'opérer dans leur pays", prévient le Français, qui signe aussi cette tribune en tant que président de la fédération européenne des banques.

"Les régulateurs européens devront bientôt prendre des décisions cruciales sur l'organisation des banques, les impôts qu'elles doivent payer et les capitaux qu'elles devront lever", rappelle le banquier pour qui ces nouvelles contraintes sont autant de menaces pour la compétitivité de l'Europe.

Afin d'éviter une nouvelle crise financière qui précipita l'économie américaine et européenne dans la récession en 2008, les régulateurs ont engagé un processus de relèvement des ratios de fonds propres et de liquidités exigés auprès des établissements de crédit.

Pour Frédéric Oudéa, qui préside aussi la Fédération Bancaire Française (FBF), la réglementation actuelle suffit à contrer ce risque.

"L'inquiétude légitime d'avoir des banques trop grosses pour faire faillite (too big to fail) a maintenant été adéquatement traitée", estime Frédéric Oudéa. (Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot)