Air France-La CGT dénonce une volonté d'intimider les salariés

lundi 12 octobre 2015 10h55
 

PARIS, 12 octobre (Reuters) - L'interpellation de cinq salariés d'Air France, tous militants de la CGT, lundi au petit matin, participe d'une volonté de "faire peur" et d'intimider le personnel de la compagnie aérienne, a dit à Reuters un dirigeant cégétiste.

Le secrétaire général du Comité central d'entreprise, Didier Fauverte, a confirmé que les cinq salariés interpellés dans le cadre de l'enquête sur les incidents du 5 octobre, lors desquels des cadres ont été molestés, travaillaient tous au fret. (voir et

"Ça ne va pas calmer les choses", a déclaré le dirigeant syndical. "Je pense qu'il y aura d'autres salariés appartenant à d'autres syndicats qui seront mis en cause. Tout ça va continuer à faire bouillir la cocotte."

Selon lui, une vingtaine de personnes seraient susceptibles, au total, d'être inquiétées.

Les interpellations à l'aube, lundi, participent d'une "tentative d'intimidation" et d'une "volonté de faire peur pour essayer de museler un peu tout le monde", a-t-il poursuivi.

Il a confirmé qu'au moins deux ou trois des cinq salariés interpellés lundi matin pourraient être licenciés.

Selon Didier Fauverte, quatre ou cinq salariés sont par ailleurs menacés de sanctions du premier degré, pouvant aller jusqu'à trois jours de mise à pied ou une retenue sur salaire, parce qu'ils ont chanté "sans chemise, sans pantalon", lors des incidents du cinq octobre, lors desquels deux cadres ont été en partie déshabillés par des manifestants.

"Si ce n'était pas aussi grave, ce serait risible. Etre sanctionné parce que vous chantez une chanson, ils vont pouvoir sanctionner un paquet de monde !"

"Je veux bien qu'ils continuent les négociations mais si c'est sur ces bases-là, je crois que ça va être vite réglé, les négociations", a ajouté Didier Fauverte.

Les pilotes et la direction d'Air France ont décidé vendredi de reprendre le dialogue sur le renforcement de la compétitivité de la compagnie aérienne.

Le Syndicat national des personnels navigants et commerciaux (SNPNC) a pour sa part annoncé lundi qu'il serait reçu mercredi par la direction d'Air France. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)