BOURSE-E.ON et RWE en vue, soulagement après les stress tests nucléaires

lundi 12 octobre 2015 10h22
 

FRANCFORT, 12 octobre (Reuters) - Les compagnies allemandes d'électricité E.ON et RWE signent lundi leur meilleure performance depuis sept ans à la Bourse de Francfort, réagissant aux résultats de tests de résistance qui montrent qu'elles ont des fonds suffisants pour assurer le démantèlement de leurs réacteurs nucléaires.

L'action E.ON grimpe de 10,9% à 10,11 euros vers 8h10 GMT et RWE s'envole de 12,5% à 13,79, en route pour leur meilleure séance depuis la fin 2008. EnBW, le numéro trois allemand également concerné par les tests mais au flottant peu élevé en Bourse, suit à distance avec un gain de 1,5%.

Les inquiétudes sur le niveau des provisions d'E.ON et de RWE avaient pesé sur leur cours de Bourse ces derniers mois, les investisseurs redoutant que les deux groupes ne soient contraints d'augmenter leur capital.

Ces craintes ont été dissipées par les résultats des tests de résistance dévoilés samedi par le ministère de l'Economie. Le rapport d'audit commandé par le ministère conclut que les 38,3 milliards d'euros mis de côté par les quatre opérateurs des réacteurs nucléaires allemands, en incluant également EnBW et le suédois Vattenfall, suffiront à couvrir leurs coûts.

Même si, dans le pire des scénarios retenu par le cabinet d'audit Warth & Klein Grant Thornton, il manquerait près de 40 milliards d'euros aux quatre entreprises pour financer leur sortie du nucléaire, le ministère de l'Economie a noté que leurs actifs combinés valaient environ 83 milliards d'euros.

"Nous estimons que cela réduit le risque de voir les 'utilities' contraintes de financer leurs engagements avec des investissements à faible rendement", écrivent les analystes de Deutsche Bank dans une note, en relevant leur objectif de cours pour E.ON et RWE.

Société générale a de son côté relevé sa recommandation sur RWE de "conserver" à "achat", en tablant sur un rebond du secteur.

E.ON, RWE, EnBW et Vattenfall doivent arrêter leur centrales nucléaires d'ici 2022, selon la date butoir fixée par le gouvernement d'Angela Merkel dans la foulée de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en 2011. (Christoph Steitz, Véronique Tison pour le service français, édité par Juliette Rouillon)