LEAD 1-Les socialistes portugais envisagent une coalition à gauche

mercredi 7 octobre 2015 21h47
 

(Actualisé avec réaction des communistes §§6-7)

LISBONNE, 7 octobre (Reuters) - Le Parti socialiste portugais a décidé d'entamer des discussions avec les communistes et avec le Bloc de gauche, formation apparentée au parti anti-austérité grec Syriza, ce qui pourrait compliquer la tâche du Premier ministre sortant, Pedro Passos Coelho, chargé de former un nouveau gouvernement.

La coalition de centre droit conduite par Pedro Passos Coelho est arrivée en tête des élections législatives de dimanche, mais a perdu sa majorité absolue en sièges. Elle compte 104 élus sur 230. Les socialistes ont 85 sièges, le Bloc de gauche 19 et les communistes 17.

Pedro Passos Coelho devrait être obligé de constituer un gouvernement minoritaire comptant sur l'appui ponctuel ou l'abstention des socialistes.

Le chef du gouvernement sortant a tendu la main au leader socialiste Antonio Costa mercredi, mais ce dernier a fait savoir que son parti ne participerait pas à un gouvernement conduit par la droite.

Antonio Costa a, au contraire, annoncé l'ouverture de discussions avec les formations de gauche qui, ensemble, pourraient disposer d'une majorité au parlement. "Nous avons reçu un mandat pour discuter avec toutes les formations politiques sans exception", a expliqué Antonio Costa.

Le Parti communiste est prêt à soutenir un gouvernement dirigé par les socialistes pour faire cesser la politique d'austérité menée ces dernières années, a déclaré son secrétaire général, Jeronimo de Souza, à l'issue d'une rencontre avec son homologue socialiste.

"Une solution de gouvernement, qui inclut inévitablement les socialistes, aura notre soutien, pour faire cesser une répétition de cette politique" par le centre-droit, a déclaré Jeronimo de Souza aux journalistes.

Une rencontre entre le Parti socialiste et le Bloc de gauche est prévue jeudi.

Les observateurs estiment toutefois que le Parti socialiste devrait opter pour un soutien sans participation au gouvernement de Passos Coelho, bien qu'il soit profondément divisé après le scrutin de dimanche. (Andrei Khalip et Axel Bugge; Pierre Sérisier et Danielle Rouquié pour le service français)