BOURSE-Bombardier rechute après l'échec des négociations avec Airbus

mercredi 7 octobre 2015 16h41
 

TORONTO, 7 octobre (Reuters) - Bombardier rechute en Bourse de Toronto mercredi, l'échec des discussions avec Airbus en vue d'une cession d'une participation majoritaire dans son programme CSeries ayant mis en relief les difficultés financières du constructeur ferroviaire et aéronautique.

Airbus a mis fin aux discussions avec Bombardier en vue de son implication dans le programme CSeries laborieusement développé par le groupe canadien, qui subit ainsi un nouveau revers dans ses efforts pour percer sur le marché mondial des avions d'une capacité de plus de 100 places.

Le groupe aéronautique européen a annoncé la fin de ces pourparlers après que Reuters a révélé mardi l'existence d'une proposition de Bombardier pour nouer une telle alliance.

Le titre Bombardier, qui avait terminé en hausse de 15% la veille à la suite de l'information de Reuters, retombe de 15,25% à 1,50 dollar canadien mercredi en début de séance.

C'est un coup dur pour Bombardier, dont le nouvel avion d'affaires CSeries doit entrer en service l'an prochain, avec des années de retard et un prévisionnel largement dépassé.

"Globalement, nous voyons le fait que Bombardier ait approché Airbus comme un facteur négatif car il suggère de sérieux problèmes de financement ou de ventes des CSeries", écrit l'analyste de Canaccord David Tyerman à ses clients.

Ce programme pèse sur le bilan de Bombardier, poussant le groupe à envisager des ventes d'actifs ou d'autres mesures pour lever des fonds. Sa dette à long terme s'élevait à neuf milliards de dollars (huit milliards d'euros) au 30 juin, pour 3,1 milliards de dollars de liquidités disponibles. Le groupe a vu sa trésorerie fondre de 808 millions au deuxième trimestre.

"Bombardier souffre d'un problème de confiance, non seulement de la part des investisseurs mais aussi de ses clients (...)", selon l'analyste de National Bank Cameron Doerksen.

La société basée à Montréal n'a pour l'instant reçu que 243 commandes fermes pour cet appareil contre un objectif de 300, sur un marché peu porteur, selon les analystes financiers, coincé entre les plus petits avions régionaux et les gros modèles très recherchés de 160 à 180 sièges. Le groupe n'a pas annoncé de nouvelle commande ferme depuis plus d'un an.

"C'est un segment de marché difficile. Personne n'a vraiment réussi à décoller", a souligné Simon Elsegood, analyste chez CAPA-Centre for Aviation en marge d'une conférence à Helsinki. (Euan Rocha et Allison Martell, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)