AVANT-PAPIER-Banque du Japon-Statu quo anticipé, peut-être pas pour longtemps

lundi 5 octobre 2015 12h36
 

par Leika Kihara

TOKYO, 5 octobre (Reuters) - Un statu quo de la politique monétaire nipponne est attendu mercredi à l'issue de la réunion de la Banque du Japon (BoJ) qui préserverait ainsi ses faibles marges de manoeuvre dans l'espoir que l'amélioration du marché du travail soutiendra les salaires et la consommation, compensant les effets négatifs du ralentissement de l'économie chinoise.

Les pressions en faveur d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire ne devraient toutefois pas se relâcher dans la perspective de la réunion du 30 octobre au cours de laquelle il est attendu que la BoJ réduise ses prévisions de croissance et d'inflation à long terme pour tenir compte de la faiblesse des exportations et de la baisse des cours du pétrole.

Certains intervenants de marché n'excluent pas que le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, décide d'un assouplissement surprise. Mais la probabilité d'une telle décision est faible, de nombreux responsables monétaires se montrant hésitants à augmenter encore un programme d'achat d'actifs déjà massif, ont dit des sources proches de la banque centrale.

La BoJ devrait au contraire maintenir son engagement à augmenter la base monétaire sur un rythme annuel de 80.000 milliards de yens (600 milliards d'euros).

"Kuroda semble confiant sur l'économie, mettant la faible inflation sur le compte du pétrole. La BoJ n'agira sans doute pas cette semaine pour simplement surprendre les marchés", commente Izuru Kato, économiste chez Totan Research.

Le scénario privilégié par la BoJ d'une amélioration de l'économie permettant aux entreprises de faire supporter aux ménages la hausse de leurs coûts et ainsi de favoriser une accélération de l'inflation vers son objectif de 2% l'an à l'horizon de septembre 2016 a été remis en cause par une série d'indicateurs économiques décevants.

Kuroda a souligné la semaine dernière que la tendance à la hausse de l'inflation restait intacte, laissant entendre qu'aucun assouplissement n'était en vue dans l'immédiat.

Il a aussi déclaré que la BoJ ne s'arrêterait pas aux effets de la baisse des cours du pétrole sur l'inflation et qu'elle n'agirait qu'en cas d'une détérioration de la confiance des entreprises qui les pousserait à remettre en cause leurs projets d'investissement et à arrêter d'augmenter leurs prix.   Suite...