La Fed veut plus d'éléments pour relever les taux, la Grèce inquiète

mercredi 8 juillet 2015 20h55
 

WASHINGTON, 8 juillet (Reuters) - De nombreux responsables de la Réserve fédérale américaine ont exprimé leur volonté, lors de la dernière réunion de son comité de politique monétaire, de voir d'autres signes de renforcement de l'économie américaine avant de relever les taux d'intérêt, tout en manifestant leurs inquiétudes concernant la Grèce.

Lors de leur dernier comité de politique monétaire (FOMC) des 16 et 17 juin, les banquiers centraux américains ont continué à débattre du projet de relever les taux cette année, au vu d'une série d'indicateurs mitigés sur l'économie du pays et de perturbations accrues sur les marchés internationaux.

D'après le compte rendu, publié mercredi, de ce FOMC, le point de vue dominant au sein du comité était qu'un relèvement de taux devrait probablement attendre au minimum septembre.

"De nombreux participants ont souligné qu'afin de décider que les critères pour un début de normalisation (de la politique monétaire), ils auraient besoin de nouveaux signes indiquant que la croissance économique se renforce, que les conditions du marché de l'emploi continuent à s'améliorer et que l'inflation repart vers l'objectif du comité", selon le compte-rendu.

Ils ont ajouté qu'un relèvement prématuré des taux directeurs de la Fed, alors que les pressions sur les prix restent modestes, pourrait entamer la crédibilité de la Fed quant à sa capacité à gérer les chocs baissiers sur l'inflation.

A l'issue de la réunion de juin, la Fed a laissé entendre que la croissance de l'économie américaine était sans doute suffisamment solide pour supporter une, voire deux hausses des taux d'ici la fin de l'année. A l'époque, la Grèce n'avait pas encore fait défaut sur sa dette et les Bourses chinoises ne s'étaient pas encore effondrées.

Néanmoins, les "minutes" de la réunion font état d'une grande inquiétude des responsables de la politique monétaire américaine face au problème grec, reflétant l'influence que peuvent avoir les perturbations des marchés internationaux sur les décisions de la Fed en matière de taux en cas de contagion.

"De nombreux participants ont exprimé leur crainte qu'un échec de la Grèce et de ses créanciers à se mettre d'accord puisse entraîner des perturbations sur les marchés financiers de la zone euro, avec une éventuelle contagion aux Etats-Unis."

Les cours des obligations du Trésor américain ont augmenté après la publication de ces "minutes".

"Notre réaction initiale est qu'elles ne contiennent pas beaucoup d'éléments de surprise", commente toutefois Laura Rosner, économiste chez BNP Paribas à New York. (Michael Flaherty and Jonathan Spicer, Juliette Rouillon pour le service français)