LEAD 1-Noyer craint le "chaos" en Grèce sans accord dimanche

mercredi 8 juillet 2015 09h53
 

(Avec déclarations supplémentaires, contexte)

PARIS, 8 juillet (Reuters) - Sans accord politique avec la Grèce sur un programme de réformes d'ici dimanche, la Banque centrale européenne (BCE) cessera de soutenir les banques grecques et le chaos menace, a averti mercredi le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro ont décidé mardi de se donner jusqu'à dimanche pour conclure un accord aide financière contre réformes avec le gouvernement d'Alexis Tsipras, qui doit présenter des propositions.

Les Grecs ont massivement rejeté dimanche dernier, par référendum, un plan proposé par les créanciers d'Athènes, dont les partenaires ne cachent plus leur exaspération, au point d'envisager un "Grexit" -- une sortie de la Grèce de l'euro.

"L'économie grecque est au bord de la catastrophe, il faut absolument un accord dimanche prochain, c'est le dernier délai. Après ça sera trop tard", a déclaré Christian Noyer, membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

"Je crains que s'il n'y a pas d'accord dimanche ce soit l'effondrement de l'économie grecque et le chaos", a-t-il ajouté. Pour lui, "il peut y avoir des émeutes."

La BCE a jusqu'ici soutenu à bout de bras le système bancaire grec en lui prêtant près de 130 milliards d'euros, toutes opérations confondues, soit presque les trois quarts du PIB grec et un montant sans équivalent dans le reste de la zone euro, a précisé Christian Noyer.

Mais la BCE a dû interpréter ses règles "au maximum" pour maintenir jusqu'ici cette "ligne de survie" et ne pourra pas indéfiniment continuer à prendre des risques, a-t-il ajouté.

Prié de dire quand la BCE devrait fermer le robinet des liquidités, il a répondu : "A partir du moment où il n'y aura plus de perspective d'accord politique sur un programme" de réformes ou quand "le système bancaire grec s'effondrera", en cas de défaut généralisé de la Grèce sur toutes ses dettes.   Suite...