Le "non" grec renforce les arguments des europhobes

lundi 6 juillet 2015 01h37
 

par Guy Faulconbridge

LONDRES, 6 juillet (Reuters) - La victoire du "non" au référendum en Grèce a déstabilisé les dirigeants européens mais elle est surtout venue apporter de l'eau au moulin des europhobes et des eurosceptiques qui voient dans ce résultat une mort annoncée de l'ensemble du projet de l'Europe.

Le refus des électeurs grecs d'approuver les propositions des créanciers en échange d'une poursuite de l'aide internationale à leur pays constitue un des plus cuisants revers essuyés par la construction européenne depuis la création de la monnaie unique en 1999.

"Le projet de l'UE est en train de mourir", a jugé Nigel Farage, chef de file du Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) qui avait rassemblé 12,7% des voix lors des législatives en Grande-Bretagne le 7 mai.

"Il est formidable de voir le courage du peuple grec face à la tyrannie politique et économique de Bruxelles", a poursuivi le dirigeant europhobe.

Nigel Farage souhaite désormais que les Britanniques s'inspirent de l'exemple des Grecs lors du référendum que le Premier ministre David Cameron a promis d'organiser avant la fin de 2017 sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne.

Dans tous les pays d'Europe, les eurosceptiques ont salué les électeurs grecs pour avoir su s'opposer à ce que certains considèrent comme une "oligarchie" à la tête du bloc des 28 Etats membres.

Pour les opposants à l'intégration européenne, situés le plus souvent à la gauche et à l'extrême droite de l'éventail politique, la crise grecque doit être prise comme une leçon.

Elle démontre, jugent-ils, la faiblesse politique des institutions de la zone euro et elle trahit l'échec des élites à tenir compte des attentes de leurs peuples.   Suite...