RECIT-Au coeur des tractations, comment la Grèce a fait défaut

jeudi 2 juillet 2015 06h00
 

par Renee Maltezou, Elizabeth Pineau et Andreas Rinke

ATHENES/PARIS/BERLIN, 2 juillet (Reuters) - Une petite pièce avec une simple table en bois. Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, est assis à un côté avec un traducteur et Angela Merkel, la chancelière allemande. A l'autre extrémité se trouve François Hollande, le président français. Une poignée seulement d'officiels sont autour.

C'est dans ce cadre modeste de la représentation permanente de la France à Bruxelles que ces acteurs clefs de la crise de la dette grecque ont tenté, vendredi dernier, d'éviter que le drame ne tourne à la tragédie, avec des implications inconnues pour l'avenir de l'euro, voire de l'Union européenne.

En cette matinée, en marge du sommet européen, Merkel et Hollande s'efforcent pendant trois quarts d'heure de persuader Tsipras d'accepter une ultime offre à même d'éviter qu'Athènes, à court de liquidités, se retrouve en défaut de paiement dès le mardi suivant.

La chancelière allemande parle d'une offre "généreuse": une quinzaine de milliards d'euros sous forme d'aides diverses sur cinq mois en échange de réformes économiques et fiscales.

Mais les participants semblent fatigués. Et Tsipras, selon des responsables grecs proches des négociations, a déjà décidé de convoquer dans la soirée, dès son retour à Athènes, une réunion d'urgence de son gouvernement. Le Premier ministre, arrivé au pouvoir en janvier sur la promesse d'en finir avec cinq années d'austérité, se prépare à s'en remettre au peuple grec, ajoute-t-on de même source.

La veille, il est arrivé à la conclusion qu'Athènes et ses créanciers (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) étaient incapables de s'entendre sur un accord "argent frais contre réformes".

RUPTURE DES NÉGOCIATIONS ET DÉFAUT DE PAIEMENT   Suite...