Les stocks radioactifs français bondiront avec le démantèlement

mercredi 1 juillet 2015 08h30
 

PARIS, 1er juillet (Reuters) - Les déchets radioactifs recensés en France devraient tripler de volume une fois démantelées les installations actuellement en service ou autorisées, selon les conclusions d'un inventaire de l'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) publiées mercredi.

D'après les projections de l'établissement public, les volumes de déchets "à terminaison" devraient ainsi atteindre 4,3 millions de mètres cubes, contre 1,46 million à fin 2013 et 2,5 millions en 2030, dans l'hypothèse d'une durée moyenne de fonctionnement de 50 ans des réacteurs nucléaires français.

"C'est le démantèlement qui va générer une grande part de ces déchets", a déclaré à Reuters Michèle Tallec, responsable du service inventaire et planification de l'Andra, précisant que les déchets seraient principalement de "très faible activité", c'est-à-dire dégageant une radioactivité très limitée, comme des gravats ou des tenues ayant servi au démantèlement.

Les projections de l'Andra intègrent notamment l'EPR en cours de construction à Flamanville (Manche), qui devrait être exploité pendant 60 ans à partir de sa mise en service, prévue pour le moment en 2017.

L'édition 2015 de l'inventaire de l'Andra, publié tous les trois ans, a en outre confirmé la saturation entre 2020 et 2025 du site de stockage de déchets de très faible activité de Morvilliers (Aube), à laquelle l'Andra a commencé à réfléchir.

"Le grand message, c'est le signal d'alerte sur le remplissage des centres et la nécessité de faire des opérations d'optimisation globale de la gestion des déchets pour préserver la ressource rare qu'est le stockage", a souligné Michèle Tallec.

Les volumes de déchets à haute activité et à vie longue, qui ne représentent que 0,2% des volumes mais concentrent 98% de la radioactivité, devraient pour leur part passer de 3.200 m3 à fin 2013 à 10.000 m3 lorsque les installations actuelles arriveront en fin de vie, une projection déjà prise en compte dans le projet controversé de stockage en profondeur de Bure (Meuse).

A fin 2013, le secteur électronucléaire (réacteurs et traitement des combustibles usés) était à l'origine de 60% des déchets radioactifs, loin devant la recherche (27%), la défense (9%), l'industrie hors électronucléaire (3%) et le secteur médical (1%). (Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)