VERBATIM-Extraits de l'allocution de Tsipras

samedi 27 juin 2015 02h54
 

ATHENES, 27 juin (Reuters) - Principaux extraits de l'allocution télévisée dans laquelle le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a annoncé tard vendredi soir l'organisation le 5 juillet prochain d'un référendum pour ou contre les propositions des créanciers de la Grèce.

"Depuis six mois, le gouvernement grec mène bataille dans des conditions d'asphyxie économique sans précédent pour mettre en oeuvre le mandat que vous nous avez confié le 25 janvier. Il s'agissait d'un mandat pour négocier avec nos partenaires afin de mettre un terme à l'austérité et rétablir la prospérité et la justice sociale dans notre pays. Un accord viable qui respecterait à la fois la démocratie, les règles communautaires européennes et mènerait à la sortie définitive de la crise.

"Tout au long de cette période de négociations, on nous a demandé d'adopter les accords de renflouement qui avaient été acceptés par les précédents gouvernements et ce, en dépit du fait qu'ils avaient été catégoriquement condamnés par le peuple grec lors des récents élections.

"Mais pas à un seul moment nous n'avons envisagé de céder. Cela aurait été trahir votre propre confiance.

"Après cinq moins de dures négociations, nos partenaires ont malheureusement conclu lors de l'Eurogroupe d'avant-hier par une proposition, un ultimatum adressé à la République hellénique et au peuple grec. Un ultimatum qui contrevient aux principes fondateurs et aux valeurs de l'Europe (...)

"On a demandé au gouvernement grec d'accepter une proposition qui accumule de nouvelles charges insupportables sur le peuple grec et sape la reprise de la société grecque et de son économie, qui maintient non seulement l'incertitude mais amplifie davantage encore les déséquilibres sociaux.

"Les propositions des 'institutions' (ndlr, Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) incluent des mesures qui mènent à une déstabilisation supplémentaire du marché du travail, des diminutions des retraites, de nouvelles baisses des salaires dans le secteur public et une augmentation de la TVA sur la nourriture, la restauration et le tourisme, avec une élimination des exemptions de taxes dans les îles.

"Ces propositions violent clairement les règles européennes et les droits fondamentaux au travail, à l'égalité et à la dignité, ce qui montre que l'objectif poursuivi par certains de nos partenaires et certaines 'institutions' n'était pas un accord viable et mutuellement bénéfique pour toutes les parties, mais l'humiliation d'un peuple tout entier.   Suite...