LEAD 2-"Massacre de Marikana": Lonmin, police et syndicat mis en cause

jeudi 25 juin 2015 21h48
 

(Précisions)

JOHANNESBURG, 25 juin (Reuters) - La commission d'enquête sur le "massacre de Marikana" a mis en cause l'attitude de l'exploitant de la mine, Lonmin, de la police et du syndicat des mineurs dans l'enchaînement des évènements qui a mené à la mort de 34 grévistes en 2012, a déclaré jeudi le président sud-africain.

L'enquête qui a duré près de trois ans a été conduite par le juge à la retraite Ian Farlam. Le président Jacob Zuma a reçu le rapport en mars dernier et en a présenté les conclusions jeudi en direct à la télévision.

"L'affaire de Marikana a été une horrible tragédie qui n'a pas sa place dans une démocratie", a déclaré le chef de l'Etat.

La commission, a-t-il dit, a conclu que Lonmin, quatrième producteur mondial de platine par sa capitalisation, "n'a pas fait de son mieux" pour répondre aux revendications salariales de ses employés et éviter la violence.

Elle a également mis en cause le syndicat des mineurs (AMCU) en lui reprochant d'avoir multiplié les "chants provocateurs et déclarations incendiaires qui ont aggravé une situation déjà explosive", jusqu'à perdre le contrôle de ses propres membres, a poursuivi Jacob Zuma.

La commission se montre également critique envers la police, dont le plan d'évacuation des grévistes était défaillant et qui a fait un usage excessif de la force.

"(Avec un tel plan), il aurait été impossible de désarmer et de disperser les grévistes (ndlr: dont certains étaient armés de barres de fer ou de gourdins) sans faire couler le sang", a-t-il souligné.

Les enquêteurs recommandent la mise en place d'un groupe d'experts chargés de préparer une révision des politiques de maintien de l'ordre en s'inspirant de "ce qui se fait de mieux" ailleurs dans le monde pour "ne pas avoir à recourir à des armes automatiques".

Ils demandent enfin l'ouverture de poursuites criminelles contre tous les policiers impliqués dans cette répression sanglante et l'ouverture d'une enquête visant à établir la compétence du chef de la police, Riah Phiyega.

Selon Jacob Zuma, la commission a en revanche jugé sans fondement les accusations visant son vice-président, Cyril Ramaphosa, soupçonné d'avoir usé de son influence pour que la police intervienne contre les grévistes alors qu'il siégeait, à l'époque, au conseil d'administration de Lonmin. (Peroshni Govender, Guy Kerivel et Tangi Salaün pour le service français)