24 juin 2015 / 19:44 / il y a 2 ans

ENCADRE-Déjà dix réunions de l'Eurogroupe sur la Grèce

BRUXELLES, 24 juin (Reuters) - Les ministres des Finances de l'Eurogroupe se sont séparés tôt mercredi soir sans pouvoir s'entendre sur une solution à la crise de la dette grecque.

La réunion ministérielle de mercredi soir était la dixième depuis l'arrivée au pouvoir de Syriza en Grèce fin janvier.

Les ministres des Finances reprendront leurs discussions jeudi à 11h00 GMT pour faire le point sur les négociations entre les représentants d'Athènes et des "institutions" (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), qui devaient se poursuivre toute la nuit. ( )

Voici un rappel du déroulement et des conclusions des neuf précédentes réunions:

LUNDI 26 JANVIER - Au lendemain de la victoire du parti de gauche anti-austérité Syriza d'Alexis Tsipras aux élections législatives anticipées en Grèce, les ministres des Finances de l'Eurogroupe, réunis à Bruxelles, prennent acte de l'alternance politique à Athènes. Le président de l'instance, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, annonce que l'Eurogroupe est prêt à travailler avec le nouveau gouvernement. ( )

MERCREDI 11 FEVRIER - Une réunion extraordinaire permet au nouveau ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, d'exposer la position du gouvernement Tsipras.

Bruxelles évoque des "discussions constructives" qui portent notamment sur l'expiration du deuxième plan de renflouement de la Grèce par l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international censé arriver à échéance à la fin du mois de février.

Mais après sept heures de discussions, les participants se séparent sans accord. Varoufakis, dont le style et le discours peu conventionnels déplaisent à une partie de ses pairs, explique les raisons pour lesquelles, selon lui, le plan d'aide actuel ne fonctionne pas. ( )

LUNDI 16 FEVRIER - Les discussions portent sur le décalage entre les exigences liées au deuxième plan d'aide engagé en mars 2012 et les projets de Tsipras, qui a fait campagne contre le "Mémorandum", les conditions liées au déblocage des tranches de cette aide financière.

"Le sentiment général de l'Eurogroupe reste que la meilleure façon de procéder pour les autorités grecques est de solliciter une prolongation du programme", dit Jeroen Dijsselbloem devant la presse, ajoutant qu'il peut y avoir un certain "degré de souplesse" dans les conditions posées.

Les ministres donnent quatre jours à la Grèce pour solliciter formellement la prolongation de ce programme d'aide international. "L'insistance de certaines personnes à voir le gouvernement grec mettre en oeuvre ce programme est déraisonnable et ne peut être acceptée", avertit Varoufakis. ( )

VENDREDI 20 FEVRIER - Un tournant est franchi avec l'accord de principe des ministres des Finances à une prolongation de quatre mois de l'aide financière dont bénéficie la Grèce en échange de promesses du gouvernement Tsipras de ne remettre en cause aucune réforme clé et d'honorer ses engagements financiers.

Le gouvernement Tsipras doit présenter le 23 février une liste de réformes conformes aux engagements pris par les gouvernements précédents, charge aux experts des "institutions" de déterminer si elle est suffisamment complète.

Dijsselbloem parle d'une "première étape du processus de rétablissement de la confiance". ( )

"Hier, nous avons franchi une étape décisive en abandonnant l'austérité, les plans de renflouement et la troïka", se félicite Tsipras le lendemain. "Nous avons gagné une bataille, pas la guerre. Les difficultés, les véritables difficultés (...) sont devant nous." ( )

LUNDI 9 MARS - Jeroen Dijsselbloem, qui a intimé à la Grèce de "ne plus perdre de temps" à son arrivée à Bruxelles pour la réunion mensuelle de l'Eurogroupe, annonce qu'Athènes et les experts des "institutions" entameront sous 48 heures des discussions techniques sur les réformes qu'Athènes doit mener pour obtenir un financement supplémentaire. ( )

VENDREDI 24 AVRIL - Changement de ton à Riga, en Lettonie, où l'Eurogroupe avertit le gouvernement grec qu'il n'obtiendra le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide financière qu'en échange d'un plan de réformes économiques complet et détaillé, et que le délai pour y parvenir est de plus en plus court.

A l'issue d'une réunion tendue avec Yanis Varoufakis, Jeroen Dijsselbloem oppose une fin de non-recevoir à sa requête visant à obtenir des versements anticipés en échange de réformes partielles. ( )

L'Eurogroupe réclame une accélération des discussions.

Dans les jours qui suivent, alors que les critiques pleuvent sur Yanis Varoufakis, Tsipras remanie son équipe de négociateurs. ( )

LUNDI 11 MAI - L'Eurogroupe note dans un bref communiqué que les discussions entre les autorités grecques et les "institutions" progressent mais qu'il faudra davantage de temps pour rapprocher les points de vue et parvenir à un accord global.

Le communiqué final de l'Eurogroupe rappelle que le versement de la dernière tranche d'aide du plan de renflouement, d'un montant de 7,2 milliards d'euros, ne pourra intervenir que lorsque les réformes grecques feront l'objet d'un accord et que leur évaluation par les "institutions" aura conclu qu'elles sont mises en oeuvre. ( )

JEUDI 18 JUIN - Les ministres des Finances de la zone euro, réunis à Luxembourg, constatent que les progrès sont insuffisants et pressent Athènes de présenter une liste de propositions de réformes dans les jours qui suivent.

"La balle est à présent clairement dans le camp grec, à eux de saisir la dernière chance qu'offre ce programme", déclare Jeroen Dijsselbloem. Il estime qu'il reste possible de parvenir à un accord et de prolonger le programme en cours.

Un sommet extraordinaire des dirigeants de la zone euro, précédé d'une nouvelle réunion de l'Eurogroupe, est annoncé pour le lundi suivant. Les tractations se poursuivent à tous les niveaux pendant tout le week-end. ( et )

LUNDI 22 JUIN - Réunis quelques heures après l'envoi par Athènes de nouvelles propositions, présentées par la Commission comme "une bonne base de progrès" ( ), les ministres de l'Eurogroupe saluent les nouvelles propositions de réformes avancées par le gouvernement Tsipras mais soulignent ne pas avoir eu le temps de les examiner dans le détail avant le sommet qui réunit dans la soirée les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro.

Qualifiant les propositions transmises la veille par la Grèce de "base pour vraiment relancer les discussions et parvenir à un résultat dans les prochains jours", Jeroen Dijsselbloem évoque cependant le délai "très court" pour les examiner et ajoute que l'Eurogroupe a demandé au gouvernement grec et aux représentants des créanciers d'entamer "immédiatement" l'étude détaillée des pistes avancées par Athènes "avec l'objectif de parvenir si possible à un accord cette semaine". ( )

Sources: Reuters, Conseil européen (www.consilium.europa.eu)

Note: toutes les réunions ont eu lieu à Bruxelles sauf mention contraire (Bureaux d'Athènes et de Bruxelles; édité par Henri-Pierre André et Marc Angrand)

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