June 24, 2015 / 4:43 PM / 2 years ago

CORR-SYNTHESE 4-Grèce-Les désaccords persistent, les tractations continuent

7 MINUTES DE LECTURE

(Rectifie la déclaration du ministre finlandais, § 14)

* "Longue nuit" de discussions au plus haut niveau à Bruxelles

* Nouvelle réunion de l'Eurogroupe fixée jeudi à 11h00 GMT

* Retraites et impôts restent des points de divergence

* La Grèce risque un défaut de paiement le 30 juin

* Ce que les créanciers demandent à la Grèce:

* Ce que la Grèce propose:

par Jan Strupczewski et Alexander Saeedy

BRUXELLES, 24 juin (Reuters) - Les discussions devraient se poursuivre toute la nuit de mercredi à jeudi entre les représentants d'Athènes et de ses créanciers à Bruxelles, qui semblent de nouveau dans l'impasse à six jours d'une échéance susceptible de placer la Grèce en situation de défaut de paiement.

Loin de l'optimisme qui prévalait en début de semaine, lorsque la Commission européenne présentait les nouvelles propositions présentées par Athènes comme "une bonne base de progrès", le ton a changé entre les protagonistes de ce marathon lancés il y a plus de cinq mois après la victoire du parti de gauche anti-austérité Syriza aux législatives grecques.

Les représentants de la Grèce et des "institutions" (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) vont tâcher de trouver un accord "argent frais contre réformes" susceptible d'être soumis aux ministres des Finances de la zone euro, qui se retrouvent jeudi à 13h00 (11h00 GMT), et de permettre à la Grèce de faire face à ses échéances.

Mais leurs positions semblent de nouveau très éloignées alors que se rapproche la date du 30 juin, quand la Grèce, à court d'argent, est censée rembourser 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le président de la BCE, Mario Draghi, la directrice générale du FMI Christine Lagarde, et Jeroen Dijsselbloem, le président néerlandais de l'Eurogroupe, sont convenus de reprendre leurs discussions à 23h00 (21h00 GMT), a-t-on appris de source gouvernementale grecque.

"Nous sommes prêts à travailler toute la nuit, mais nous n'avions rien de tangible sur quoi travailler", a confié un responsable de la zone euro proche des discussions. "La perte de confiance devient extrême. Il est difficile de voir comment nous pouvons continuer."

athènes Critique Des Contre-Propositions "Absurdes"

Côté grec, on a critiqué toute la journée les contre-propositions des "institutions", jugées "absurdes" par le ministre d'Etat pour la coordination du projet gouvernemental, Alekos Flabouraris.

Le fait que le nouveau programme de réformes proposé par Athènes repose principalement sur des hausses d'impôts et de cotisations sociales et non sur des économies, n'a pas convaincu les créanciers. "On ne peut pas bâtir un programme sur la seule promesse d'une meilleure collecte des impôts (...) Les créanciers attendent des mesures crédibles, tangibles", explique Christine Lagarde dans un entretien au magazine Challenges.

Les contre-propositions des créanciers réclament notamment la mise en oeuvre intégrale des réformes de 2010 et 2012 et le lancement dès le 1er juillet de réformes permettant de générer des économies représentant 0,25% à 0,5% du PIB en 2015 et 1% en année pleine dès 2016.

"Les institutions ont soumis un nouveau projet qui fait porter le fardeau aux salariés et aux retraités d'une manière socialement injuste et elles ont proposé des mesures qui permettent à ceux qui peuvent le supporter d'éviter de porter le fardeau", a dit dans la soirée un responsable gouvernemental.

Avant de quitter Athènes pour Bruxelles, où il a passé l'après-midi à s'entretenir avec Jean-Claude Juncker, Mario Draghi et Christine Lagarde, Alexis Tsipras avait dénoncé sur son fil Twitter l'attitude "étrange" de "certains" créanciers.

"Il n'est jamais arrivé auparavant que des mesures de compensation ne soient pas acceptées. Ni en Irlande ni au Portugal. Nulle part", a-t-il dit. "Cette attitude étrange ne peut signifier qu'une chose: soit ils ne veulent pas d'un accord, soit ils servent des intérêts particuliers en Grèce."

schäuble: "Pas Grand Chose De Neuf Depuis Lundi"

Face à ce blocage, la nouvelle réunion des ministres des Finances de la zone euro qui était programmée mercredi soir à Bruxelles, la dixième depuis l'alternance politique à Athènes, a tourné court. ( )

"C'est tout pour ce soir. L'Eurogroupe continuera demain à 13h00 (11h00 GMT)", a déclaré le ministre finlandais des Finances, Alexander Stubb, s'exprimant sur son fil Twitter. "C'est une négociation entre les institutions et le gouvernement grec. Nous n'avons pas pu renvoyer quoi que ce soit à qui que ce soit parce qu'il n'y avait rien sur la table", a-t-il dit à la presse à l'issue d'une réunion qui aura duré au final moins d'une heure.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dont le pays est le principal Etat prêteur de la Grèce, avait annoncé que l'état des travaux de préparation entre les experts d'Athènes et des "institutions" (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire internationale) ne permettrait pas de parvenir à un accord dans la soirée.

"J'ai le sentiment qu'il n'y a pas eu grand chose de neuf depuis lundi", avait-il ajouté.

La Date Butoir Est Le 30 Juin, Rappelle Renzi

L'objectif de cette nouvelle nuit de tractations entre la Grèce et les "institutions", a déclaré le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, est d'arriver à un accord qui pourrait être soumis aux ministres des Finances lorsqu'ils se retrouveront, jeudi en début d'après-midi.

Du rapport des "institutions" et de l'évaluation qu'en feront les ministres va dépendre la suite du processus, alors que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se réunissent en sommet à Bruxelles à partir de jeudi à 18h00 (16h00 GMT).

"Il y a désormais moins d'optimisme qu'auparavant", a reconnu un autre responsable de la zone euro. "La réunion de l'Eurogroupe de demain (jeudi) ne sera peut-être pas la dernière."

Les divergences persistantes entre Athènes et ses créanciers ont ravivé les inquiétudes des investisseurs et Wall Street, comme la plupart des Bourses européennes, a fini en baisse.

De son côté, le président du Conseil italien, Matteo Renzi, a estimé que les négociations pourraient se prolonger au-delà du sommet européen, rappelant que la date butoir était à la fin du mois, la Grèce devant rembourser 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international (FMI) le 30 juin. (avec Renee Maltezou, Karolinas Tagaris et George Georgiopoulous à Athènes; Myriam Rivet, Bertrand Boucey et Patrick Vignal pour le service français, édité par Marc Angrand et Henri-Pierre André)

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