LEAD 2-France-Trafic de nouveau normal sous la Manche et à Calais

mercredi 24 juin 2015 18h34
 

(Actualisé avec soutien du conseil régional, SCOP)

LILLE, 24 juin (Reuters) - Le trafic ferroviaire dans le tunnel sous la Manche, bloqué mardi une grande partie de la journée par des marins en grève de MyFerryLink, est de nouveau normal dans les deux sens, a déclaré mercredi à Reuters un porte-parole d'Eurotunnel.

Le trafic dans le port de Calais, paralysé mardi par les grévistes, est également débloqué, malgré des retards.

Les marins, qui protestent contre la cession par Eurotunnel de deux des trois navires de sa filiale MyFerryLink à son concurrent danois DFDS, ont été reçus par le vice-président du conseil régional, qui les assurés d'un soutien financier.

L'instance s'engage à hauteur de dix millions d'euros et a demandé au groupe Eurotunnel de "laisser du temps pour faire aboutir une alternative au scénario actuel qui est socialement inacceptable".

"Notre proposition est celle, dans un premier temps, d'un confortement de la SCOP à hauteur d'environ 10 millions d'euros afin de lui permettre de déposer une offre en plan de continuation", précise le conseil régional dans un document écrit.

Les responsables de la société coopérative ont annoncé pour leur part qu'ils demanderaient au tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer une prolongation de trois mois du bail de location des bateaux d'Eurotunnel, qui se termine à la fin du mois.

Le gouvernement a appelé mardi soir Eurotunnel à chercher "d'autres solutions" que la cession des deux ferrys à DFDS, en raison d'inquiétudes pour quelque 600 emplois.

Le groupe Eurotunnel a pour sa part rappelé dans un communiqué avoir annoncé dès le 9 janvier la mise en vente de son activité maritime à la suite de décisions des autorités de la concurrence britanniques.

"Groupe Eurotunnel craint que les manifestations récentes des membres du Syndicat maritime Nord n'aient pour effet de compromettre la proposition de reprise des personnel par DFDS", lit-on dans son communiqué.

Il estime que la société coopérative constituée par les salariés n'est pas en mesure de reprendre les navires de MyFerryLink et demande aux administrateurs judiciaires d'ouvrir immédiatement des négociations avec le repreneur. (Pierre Savary et Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet)