ENCADRE-Wikileaks-Hollande évoquait le Grexit dès 2012 avec le SPD

mercredi 24 juin 2015 00h17
 

PARIS, 24 juin (Reuters) - Les documents révélés mardi par la presse française et Wikileaks montrent que François Hollande a évoqué dès 2012 avec son gouvernement mais aussi avec les sociaux-démocrates allemands la possibilité d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

La Grèce est entrée dans l'ultime négociation avec ses créanciers et le Premier ministre, Alexis Tsipras, a présenté de nouvelles propositions de réforme saluées par ses partenaires au sein de la zone euro. (Voir )

L'une des ces notes confidentielles publiées par Wikileaks et relayées par Libération et Médiapart, datée du 22 mai 2012, rend compte d'une conversation entre le chef de l'Etat et son Premier ministre d'alors, Jean-Marc Ayrault.

Selon cette note, le président tout juste élu a approuvé la tenue de réunions secrètes à Paris pour parler de la crise de la zone euro et "en particulier des conséquences d'une sortie de la Grèce de la zone euro".

"Le 18 mai, Hollande a demandé à son Premier ministre Jean-Marc Ayrault d'organiser une réunion au bureau du président la semaine suivante (...) Une attention particulière sera portée aux conséquences pour l'économie française en général et les banques françaises en particulier", dit la note.

"Hollande a insisté sur le fait que cette réunion serait secrète", poursuit le texte, après quoi vient un commentaire faisant état d'un François Hollande inquiet d'une aggravation de la crise s'il venait à être connu qu'il étudie les risques d'un "Grexit".

"De plus", lit-on encore, "des réunions secrètes doivent se tenir à Paris entre des responsables français et des membres du Parti social-démocrate allemand. Hollande dit à son Premier ministre qu'il est 'faisable' d'accueillir la réunion à l'Elysée mais Ayrault le met en garde sur la nécessité de garder l'événement secret pour éviter des problèmes diplomatiques."

Un commentaire suit, expliquant que par "problèmes", Jean-Marc Ayrault fait référence à ce qu'il pourrait advenir si la chancelière allemande Angela Merkel, issue du parti conservateur CDU, venait à l'apprendre.

Le SPD était alors dans l'opposition, un an et demi avant de rejoindre un nouveau gouvernement de "grande coalition" dirigé par Angela Merkel, reconduite pour un troisième mandat à l'issue des élections législatives de septembre 2013.

La note dit encore que François Hollande a déploré, la semaine précédente à Berlin, que le dossier zone euro n'avance pas, qu'il a jugé Angela Merkel trop focalisée sur le Pacte de stabilité et qu'il affirme qu'elle a renoncé sur la Grèce. (Gregory Blachier, édité par Jean-Stéphane Brosse)