Deutsche Bank n'aura pas la tâche facile, disent les analystes

dimanche 26 avril 2015 16h30
 

par Thomas Atkins

FRANCFORT, 26 avril (Reuters) - Vendre Postbank et réduire la voilure de la banque d'investissement, deux nouveaux objectifs stratégiques dévoilés vendredi soir, ne sera pas chose aisée pour Deutsche Bank, estiment les analystes.

Même si les investisseurs ne connaîtront pas en détail ce nouveau plan stratégique avant lundi à 6h00 GMT, l'ampleur du défi est d'ores et déjà évidente.

La première banque allemande a tardé à se restructurer alors que des concurrentes européennes telles que Barclays et Crédit Suisse ont déjà pratiqué des coupes claires dans leurs effectifs et leurs actifs il y a des années.

Il sera tout particulièrement difficile pour Deutsche Bank de vendre Postbank sans faire de pertes. La banque veut ramener sa participation de 94% à moins de 50% en vendant des titres sur le marché puis se désengager totalement à moyen terme, a dit samedi une source proche du dossier.

Deutsche Bank doit également compter avec l'Etat allemand qui ne veut en aucun cas entendre parler de licenciements massifs chez Postbank. "Deutsche a là une responsabilité sociale et politique qui dépasse ses intérêts économiques", a dit à Reuters Carsten Schneider, expert financier du Parti social-démocrate SPD.

Postbank pourrait rapporter près de 3,6 milliards d'euros si elle est vendue 0,8 fois sa valeur comptable, selon des calculs d'analystes. Cela veut dire une forte perte pour Deutsche Bank à moins qu'elle trouve un acheteur stratégique disposé à verser une prime.

Le choix de ne se séparer que de Postbank est une concession aux agences de notation, qui craignaient qu'une sortie totale de la banque de détail au profit de la banque d'investissement n'aiguise le profil de risque. La banque répond aussi, ce faisant, aux préoccupations de l'Etat allemand, qui redoutait qu'elle perde ses attaches locales.

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