LEAD 1-Berlin rejette la demande de dommages de guerre d'Athènes

mardi 7 avril 2015 18h21
 

BERLIN, 7 avril (Reuters) - Le ministre allemand de l'Economie et vice-chancelier, Sigmar Gabriel, a qualifié mardi de "stupide" la demande de la Grèce d'obtenir 278,7 milliards d'euros de l'Allemagne au titre des réparations de la Deuxième Guerre mondiale.

Le chiffre a été avancé lundi à Athènes par le vice-ministre grec des Finances, Dimitris Mardas, devant la commission parlementaire créée pour s'occuper de ce dossier. (voir )

L'Allemagne, principal pays créancier de l'Etat grec, est considérée à Athènes comme le principal artisan des mesures d'austérité qui ont été imposées en échange des deux plans d'aide financière d'un montant total de 240 milliards d'euros.

Avec un taux de chômage à plus de 26% et un pouvoir d'achat amputé de plus d'un quart depuis le début de la crise, le coût social de cette politique de rigueur explique en grande partie la victoire du parti de la gauche radicale Syriza aux élections législatives du 25 janvier.

Mais pour Sigmar Gabriel, si la Grèce a intérêt à obtenir un peu de marge de ses partenaires de la zone euro pour l'aide à surmonter la crise de sa dette souveraine, "cette marge n'a absolument rien à voir avec la Deuxième Guerre mondiale".

Le gouvernement allemand considère que la question des réparations liée à l'Occupation nazie de la Grèce a été réglée et s'appuie notamment sur un versement de 115 millions de deutsche mark en 1960.

Au ministère allemand des Finances, une porte-parole a réaffirmé mardi que la position du gouvernement Merkel était inchangée.

Eckhardt Rehberg, spécialiste des questions budgétaires de l'Union chrétienne démocrate (CDU, le parti d'Angela Merkel) a accusé pour sa part le gouvernement grec de mélanger délibérément la crise de sa dette et cette question liée au passé. "Pour moi, ce chiffre de 278,7 milliards d'euros de prétendues dettes de guerre n'est ni compréhensible, ni fiable", a-t-il ajouté.

Dans l'opposition, en revanche, les Verts et le parti de gauche Die Linke jugent que Berlin ne devrait pas balayer d'un revers de la main les demandes grecques.

Manuel Sarrazin, spécialiste des questions européennes de la formation écologiste, comme Annette Groth, élue Die Linke et présidente d'un groupe parlementaire germano-grec, trouvent recevable l'idée d'un remboursement d'un prêt d'occupation que la banque de Grèce a dû octroyer sous la contrainte à l'Allemagne nazie en 1942. Il est estimé à quelque 10 milliards d'euros.

"Le 'Nein' catégorique opposé par le gouvernement allemand ne devrait pas être permis", a déclaré Annette Groth. (Andreas Rinke et Gernot Heller; Claude Chendjou et Henri-Pierre André pour le service français)